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Risques industriels et environnementaux

Eric Limasset (Layher France) : « Sécuriser le métier d'échafaudeur par une formation dès le lycée »

Interview du président de Layher France, filiale du groupe éponyme qui, outre-Rhin, produit des échafaudages et les commercialise dans 37 pays.

Quels sont les différents métiers de Layher France et quel est son chiffre d’affaires ?

En 2013, nous avons réalisé sur l’Hexagone 75 millions d’euros sur la vente et la location d’échafaudages, les services d’ingénierie et la formation. Nous avons dispensé 3.500 stages depuis 2007. Ils s’adressent à tous types de secteurs comme l’événementiel, l’industrie, la construction et toutes sortes de métiers (concepteurs, ingénieurs, monteurs, contrôleurs, etc). Ces sessions d’une durée de 2 à 5 jours sont génériques ou adaptées aux besoins des clients. A titre d’exemple, nous formons en Afrique les monteurs d’échafaudages sur les plate-formes Offshore. Il s’agit d’une activité complexe qui nécessite de savoir accrocher les charpentes métalliques et d’installer des planchers de travail sur l’ouvrage existant dans des conditions difficiles. Le contenu des formations évolue au fil de la réglementation et de nos produits. A titre d’exemple, nous avons lancé en novembre dernier un échafaudage en acier haute résistance plus léger (15% en moins que les modèles concurrents). L’allègement du poids réduit les TMS (troubles musculo-squelettiques) et améliore le bilan carbone en réduisant le poids transporté. En outre, il est plus rapide à déployer.

Vous êtes partenaire d’une formation complémentaire d’initiative locale (FCIL) dédiée au métier d’échafaudeur. De quoi s’agit il ?

En effet, nous avons contribué à construire la première formation dédiée au métier d’échafaudeur qui va ouvrir à la rentrée prochaine au Lycée des métiers du bâtiment Benjamin-Franklin à la Rochette, en Seine-et-Marne. De septembre à juin, ils suivront des cours de mathématique, physique, informatique et pratiqueront des activités sportives car le métier d’échafaudeur réclame de bonnes conditions physiques. A la fin de cette formation en alternance, les élèves recevront un Certificat de qualification professionnelle (CQP) délivrée par le Syndicat français de l’échafaudage, du coffrage et de l’étaiement. De notre côté, nous fournirons nos logiciels de conception et de calcul d’échafaudages et mettrons a disposition nos plateaux techniques, plusieurs fois par an. De quoi fiabiliser, dès le lycée, le métier d’échafaudeur aux plans de la sécurité et de la santé au travail.

Pourquoi un tel engagement de la part de votre entreprise ?

Nous nous sommes beaucoup impliqués dans cette formation car, en tant qu’entreprise, il est de notre responsabilité d’amener les jeunes vers l’emploi. Construire des échafaudages est un métier passionnant, il s’agit de monter un mécano géant, et c’est plutôt bien rémunéré puisque les salariés sont payés rapidement au-dessus du Smic. Il existe aussi des possibilités d’évolution importantes comme chef monteur, chef d’équipe puis conducteur de travaux. A cela s’ajoute le fait que nos clients se heurtent à des difficultés de recrutement de personnel qualifié et compétent.

Propos recueillis par Éliane Kan

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