Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risques industriels et environnementaux

EPI : les yeux, ça se protège !

L’œil humain est fragile et vulnérable. Une lésion de la cornée, de la rétine, de la pupille ou de l’iris peut avoir des conséquences qui vont d’une irritation passagère à une cécité permanente. La lutte contre ce type d’accidents nécessite la mise en place d’outils de prévention ou de protection collective. Mais lorsque ces mesures sont insuffisantes ou impossibles, le recours à un équipement de protection individuelle (EPI) s’avère indispensable.

Les lunettes de protection sont destinées à protéger les yeux des influences extérieures telles que les éclats, la poussière et les rayonnements. La norme qui concerne la protection individuelle de l’œi, EN 166, spécifie le marquage obligatoire de la monture et des oculaires (cf encadré). Plusieurs types de lunette existent et le choix d’un EPI oculaire doit se faire en fonction des risques.

Le risque mécanique survient par projection de particules ou de nuages de poussières ayant une action abrasive. Le risque chimique est lié à la projection de poudres, d’aérosols, de liquides, de gaz ou de vapeurs irritantes, toxiques ou nocives réagissant avec les composants de l’oeil. Le risque biologique est induit par pénétration de particules virales, bactériennes, ou fongiques infectantes, avec risque de contamination. Le risque de rayonnements optiques concerne la surexposition de l’oeil à des sources d’intensité élevée (infrarouge, rayons visibles, UV, laser). Le risque thermique est un risque de brûlures ou de lésions de l’oeil par projection de liquides ou solides chauds. Enfin, le risque électrique survient lorsque un flash ou un arc électrique contrôlé est à l’origine de rayonnements UV.

Trois types de lunettes. Les postes concernés par ces risques sont nombreux : travaux forestiers, meulage, démolition, préparation de solutions de produits dangereux, soudage, etc. « Parmi les EPI oculaires, on trouve les simples lunettes de sécurité à branches pour les projections frontales de solides, les lunettes-masques avec coques latérales pour les projections frontales et latérales de solides et de liquides mais aussi les masques et les écrans faciaux, pour la projection de solides, poussières, produits chimiques », explique Xavier Brion, responsable des ventes chez Honeywell. (Le groupe emploie 132.000 personnes dans le monde et affichait en 2011 un chiffre d’affaire de 36, 5 milliards dollars.)

Après avoir choisi l’oculaire adapté en fonction des risques du poste occupé, il faut prendre en compte la morphologie de l’opérateur. Les lunettes doivent être confortables, sinon elles ne sont pas portées. « L’échancrure nasale est plus agréable si elle est en plastique souple, précise Linda Krauetle, de chez Draeger, une entreprise allemande d’équipements professionnels. Les lunettes doivent également être réglables en longueur, en largeur et orientables pour qu’elles s’ajustent parfaitement au visage de celui qui les porte. » Plusieurs types de teintes sont disponibles : « Les lunettes incolores sont conçues pour les risques les plus courants, en intérieur, ajoute Patrick Principe, responsable des ventes chez EPI Sud à Marseille. Les verres jaunes améliorent la luminosité et renforcent les contrastes. Pour le travail en extérieur, mieux vaut opter pour des lunettes de soleil de sécurité. » Des traitements anti-buée renforcent également le confort de ces EPI.

Des lunettes de sécurité à la vue. Jusqu’ici, les opérateurs amétropes (absence de netteté des images sur la rétine pour des objets se situant près ou loin) n’avaient d’autre choix que de porter des sur-lunettes par dessus leurs lunettes correctrices. « Cette accumulation était inconfortable et pouvait provoquer troubles de la vision et maux de tête, reprend Xavier Bion. Les salariés rechignaient à les porter. Il existe maintenant des verres correcteurs de sécurité normés EN 166. Ce sont les produits les plus demandés. » Les employés doivent alors passer par la case ophtalmologue puis opticien pour les mesures. Le prix des lunettes simples tourne autour de 5 à 7 euros. Pour des verres correcteurs, il faut compter environ 200 euros. Un investissement au cas par cas pour les entreprises. « Mais les opérateurs myopes, presbytes ou astigmates ont le droit d’être aussi bien protégés que les autres », conclut Xavier Bion.

Autre avancée en matière de lunettes de sécurité : le design. « Les EPI oculaires ressemblent de moins en moins à de lunettes de protection, affirme Valérie Muller, responsable marketing et chef de produit protection de la tête chez Uvex. C’est un atout pour les personnes en contact avec le public, comme les artisans. » D’ailleurs, la marque allemande, qui réalise un chiffre d’affaires de 343 millions d’euros en 2013 et emploie 2.000 salariés à travers le monde, propose une application pour smartphones qui propose un essayage virtuel des lunettes de protection : Uvex i-3. Une nouvelle sorte de selfie ?

Caroline Albenois

Marquage des lunettes professionnelles : décryptage 

Sur les montures et sur les verres, une série de lettres et de chiffres doit être gravée. 

Montures. Le marquage de la monture doit comporter obligatoirement le sigle CE et l’identification du fabricant, ainsi que la norme EN 166. A ces inscriptions s’ajoute le code du domaine d’utilisation :
3 pour les gouttelettes ou projections de liquide 

4 pour les grosses particules de poussière 

5 pour les gaz et fines particules de poussière 

8 pour les arcs électriques de court-circuit 

9 pour le métal fondu et les solides chauds 

Quatre niveaux supplémentaires de protection sont définis par des symboles inscrits sur la monture, ainsi que sur le verre : 

F : résistance aux chocs de particule à basse énergie : lors des tests, elles doivent résister au choc d’une bille d’acier de 6 mm de diamètre, de 0,86 g, lancée à une vitesse de 45 m/s. 

B : résistance aux chocs de particule à moyenne énergie. Le test est similaire au précédent, la vitesse étant de 120 m/s. 

A : résistance aux chocs de particule à haute énergie (la vitesse de la bille étant de 190 m/s.) 

S : garantie de solidité renforcée. La lunette résiste à une bille de 22 mm et de 43 grammes tombant de 1,30 mètre. 

Oculaires. En plus des symboles de résistance mécanique cités ci-dessus, sur le verre peut apparaître les lettres K (résistance à la détérioration des surfaces par des fines particules), N (contre la buée), T (températures extrêmes) et H (écartement pupillaire). 

Enfin, trois classes optiques sont définies par la norme EN 166 : la classe 1, recommandée pour un port permanent ou l’exécution d’un travail minutieux, la classe 2, pour un port intermittent et la classe 3, utilisable que pour une brève durée.

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