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Émanations de radon et mesures obligatoires: l’INRS publie ses recommandations

Depuis le 1er juillet 2018, toutes les entreprises françaises sont obligées de surveiller leur concentration de radon dans leurs bâtiments. Ce gaz est une substance radioactive qui émane naturellement des sols, elle présente des caractéristiques cancérigènes certaines. Pour mieux appréhender ce risque, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) vient de publier une fiche sur cette nouvelle réglementation. 

Schema des voies d'entrée du radon dans un bâtiment.

Voies d’entrée du radon dans un bâtiment. © David Savatier / INRS

Le saviez-vous ? Il se dégage naturellement de nos sols un gaz radioactif, le radon. Si ce gaz atteint des concentrations trop élevées, il devient cancérigène pour les poumons selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Depuis le 1er juillet 2018 et la transposition de la directive 2013/59/Euratom en droit français, les entreprises tricolores sont désormais dans l’obligation de surveiller ces taux et de protéger leurs salariés. Pour les aider à mieux appréhender ces risques, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) vient de publier une fiche sur cette nouvelle réglementation. 

Un danger plus grand en hiver

C’est lorsque le gaz émane de sols situés en milieux confinés, et donc difficiles à aérer, qu’il devient réellement dangereux. Pour l’organisme, il s’agit donc avant tout de surveiller les mesurages en période hivernale. « Le fait de limiter l’ouverture des ouvrants en période hivernale réduit l’apport de la ventilation naturelle dans la dilution du radon intérieur », indique Romain Mouillseaux, expert d’assistance conseil à l’INRS. 

Toutes les entreprises soumises à la même obligation

Auparavant, les entreprises n’étaient pas toutes soumises à cette obligation. Leur sélection dépendait de la région où elles se trouvaient et aux taux de concentration de radon qu’elles recèlent naturellement. « Aujourd’hui, toutes les entreprises sont concernées par cette évaluation et notamment celles dont les lieux de travail sont situés en sous-sol ou rez-de-chaussée de bâtiments ainsi que celles dont les activités sont réalisées en souterrain » prévient Romain Mouillseaux.

Une évaluation durant deux mois

En cas de dépassement du niveau de référence, il est donc nécessaire de réaliser des mesurages. Bien sûr, ces examens sont difficiles à réaliser, mieux vaut donc faire appel à un organisme spécialisé. Ces tests consistent à placer deux dosimètres dans la zone à surveiller durant au moins deux mois, de préférence durant la période d’octobre à avril. Reste à envoyer ces appareils à un laboratoire qui se chargera de les évaluer. Les résultats seront comparés au niveau de référence qui correspond à 300 becquerels/m3 en moyenne annuelle.

Soigner sa ventilation

En cas de léger dépassement des seuils autorisés, pas de panique, une meilleure aération devrait suffire : « Dans les cas les plus simples, le fait de rétablir ou d’améliorer la ventilation des locaux suffit le plus souvent à réduire la concentration de radon sous ce seuil », indique l’expert. « Dans les cas les plus complexes, des solutions complètes devront être étudiées et mises en œuvre comme l’amélioration de l’étanchéité des sols et des murs, la mise en place d’une ventilation mécanique double flux ou le traitement du soubassement… ».

Un danger naturel

Pour rappel, le radon est un gaz radioactif qui se dégage naturellement des sols et de certaines roches. Il est issu d’une désintégration de l’uranium et du thorium recelés dans la croûte terrestre. De fait, il apparaît donc facilement dans les bâtiments clos , qui possèdent des parties en contact direct avec le sol comme les caves.  Lorsque ce gaz s’échappe dans l’atmosphère et qu’il est respiré, ses particules nocives se logent dans les poumons et les bronches et font des ravages. 

Ségolène Kahn

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