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Sûreté et sécurité

Drone autonome : Azur Drones entre dans la cour des grands

Dans le sillage d'Air City Diagnostic (captation de données aériennes) et Flying Eye (formation, fabrication et vente de drones), la société rachète le bordelais Skeyetech, après avoir levé au total 10 millions d'euros. D'emblée, elle devient un des leaders mondiaux du drone autonome.

Franchissant la barre des 10 millions d’euros levés en 12 mois, Azur Drones, un des leaders français du drone professionnel civil, vient d’effectuer une quatrième levée de fonds de 3,5 millions d’euros et rachète la société bordelaise Skeyetech. C’est la troisième acquisition structurante en neuf mois après Air City Diagnostic (captation de données aériennes) et Flying Eye (formation, fabrication et vente de drones). Résultat, le groupe se positionne d’emblée comme le leader français des solutions de vidéoprotection par drones avec son offre Drones’Guard et compte se déployer à l’international.

Drones autonomes bordelais

Skeyetech, une pépite bordelaise ,accompagnée par la technopole Bordeaux Technowest, de 15 ingénieurs, a développé un système de drones autonomes pour sécuriser les sites industriels. Ses drones décollent automatiquement lorsque des capteurs détectent d’éventuelles intrusions, effectuent ensuite des levées de doutes afin de confirmer et caractériser ces intrusions, puis retournent automatiquement sur leurs bases de recharge étanches. Cette innovation capitale permet à Azur Drones de proposer une solution « plug and play » pour la sécurisation des sites industriels en complément des offres existantes de drones filaires et de voilures fixes. Le pôle de Bordeaux regroupera toute la partie R&D du groupe et deviendra un centre d’innovation majeur dans le secteur de la défense et de la sécurité. Quant au site de Sophia Antipolis, il assurera la production des drones du groupe Azur Drones. Antoine Lecestre et Grégoire Linard, les deux fondateurs de Skeyetech, rejoignent Azur Drones en tant qu’associés et membres du Comité de Direction. Au total, la société propulse son chiffre d’affaires à 4,5 millions d’euros, emploie 50 personnes réparties sur quatre sites en France et vise plus de 10 millions de ventes pour 2018.

Une large gamme de drones de services

Créée en 2012, Azur Drones s’est lancée dans la prestation de services par drones pour l’inspection d’ouvrages dans le BTP, l’agriculture et la sûreté-sécurité. En matière de sécurité, la société propose des petits drones pour la levée de doute, des drones filaires, actuellement testés chez plusieurs industriels et institutionnels, qui restent plusieurs heures en l’air. « On peut les déployer ou les déplacer en 20 minutes. Ils voient sur plusieurs kilomètres de jour comme de nuit, explique Jean Gagneraud, président d’Azur Drones, qui, en 2016, a créé la Fédération professionnelle du drone civil (FPDC). Nous avons aussi des drones à voilure fixe, de petits avions, qui volent entre 2 heures (version électrique) et 8 heures (version thermique) et servent à la sécurisation des grandes infrastructures. » Ces drones sont utilisés par Altametris, la nouvelle filiale de maintenance et de surveillance de la Sncf, pour lutter contre le vol de câbles. Avec l’acquisition de Skeyetech et de sa technologie de drones autonomes, Azur Drones détient l’une des expertises les plus larges en termes de drones de services. 
Quid de l’avenir ? « Aujourd’hui, la neutralisation des cibles n’entre pas dans notre objectif qui est de réduire le nombre de rondes physiques sur un site. On nous demande plutôt de rendre nos drones furtifs ou, au contraire, dissuasifs avec des alarmes sonores ou lumineuses, reprend Jean Gagneraud qui compte, à terme, rendre ses drones compatibles avec la majorité des hyperviseurs de vidéosurveillance. 

Erick Haehnsen

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