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Risques industriels et environnementaux

Des suicides dont on ne parle pas

Il existe une profession en France où, malheureusement, le suicide est une réalité inconstestable. Il s’agit de la police. Le taux de suicide y est deux fois plus important qu’à France Télécom...

La « vague » de suicides qu’a connue France Télécom a été surmédiatisée. Hors, il existe une profession en France où, malheureusement, le suicide est une réalité inconstestable. Il s’agit de la police. Le taux de suicide y est deux fois plus important qu’à France Télécom : 35 pour 100 000 contre 16 pour 100 000 à France Télécom. Chaque semaine, un policier se suicide. Et il s’agit d’une moyenne observée depuis des années…

L’explication officielle de ces drames est toujours liée à des « raisons privées ». On ne peut évidemment pas les négliger (dans le cas de France Télécom, certaines critiques visant la direction du groupe oblitéraient – volontairement ? – cette dimension. Mais pour les syndicats représentants les policiers, il faut également y voir la malheureuse conséquence de ce qu’ils appellent la « culture du résultat » ou la « religion du chiffre » qui induirait une pression psychologique que bon nombre de policiers supporte mal.

De son côté, le ministère de l’Intérieur répond que le nombre de suicides aurait plutôt tendance à baisser * : 34 à la mi-novembre 2009 contre 44 à la même époque en 2008. Autre réponse : un policier passe à l’acte plus facilement, parce qu’il a son arme de service (60 % des suicides). Il n’en reste pas moins vrai que le taux de suicide dans la police est tout de même beaucoup plus important que dans la population française : 20 pour 100 000 dans la population, 35 pour 100 000 dans la police et 39 pour 100 000 dans un autre secteur cruellement touché par ce problème, l’Education nationale…
Une question se pose tout de même : pourquoi ce pudique silence des médias ? Y aurait-il des suicides plus médiatiques que d’autres ? On ne peut s’empêcher de penser que les suicides de France Télécom ont été instrumentalisés par certains pour dénoncer les conséquences de la privatisation du groupe. En ce qui concerne les policiers, leur image sans cesse dénigrée, amoindrie, pour ne pas dire ridiculisée par certains amuseurs publics et rebellocrates professionnels, n’aide pas à la médiatisation des drames qui touchent pourtant ceux et celles qui sont chargés de nous protéger…

 

* La place Beauvau attend pour la mi-décembre un rapport d’étape de l’Inserm sur le sujet.

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