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Coronavirus : les industriels se mobilisent

Afin de pallier le manque de masques, gels et respirateurs, des industriels diversifient leur production. Une contribution salutaire à l’effort envers le Covid-19.

Le pont aérien Chine-France vient de livrer ses premiers masques. A savoir 5,5 millions sur une commande d’un milliard. L’industrie tricolore n’en met pas moins les bouchées doubles. Pour preuve, Chanel, L’Occitane ou LVMH ont reconverti certaines de leurs usines de parfums dans la production de gel hydroalcoolique. Ensuite, 140 entreprises de la filière mode-luxe se sont mobilisées pour participer à cet effort de guerre. Objectif : démarrer sur les chapeaux de roues une production française des masques.

Afnor publie son référentiel

A cet égard, la filière a bénéficié de l’aide d’Afnor. Ce vendredi 27 mars,  l’institut a publié un référentiel à destination des industriels et des particuliers qui souhaiteraient se lancer dans ce type de production. Certes, ce texte de référence ne porte pas sur les masques destinés au personnel soignant. En revanche, ces produits vont intéresser de très nombreux personnels aujourd’hui dépourvus d’équipement. Non seulement dans les hôpitaux mais aussi dans la distribution, l’agriculture, les entreprises ou la pharmacie. Point fort, ces masques évitent de contaminer d’autres personnes. Tout en offrant une bonne protection.

Un texte élaboré par une centaine d’experts par visioconférences

Durant toute la semaine, une centaine d’experts de la filière se sont mobilisé pour élaborer ce référentiel, selon Clarisse Reille, DG du comité professionnel DEFI La Mode de France. Un record accompli à coup de vidéoconférences quotidiennes. Ce guide fournit des indications de fabrication, de tissu et d’utilisation ainsi qu’une liste en annexe des organismes qui peuvent tester les masques. Pour l’heure, une quarantaine de modèles sont en cours d’évaluation dans les laboratoires de la Direction Générale de l’Armement (DGA) qui prête aussi son concours à cette opération.

L’industrie lourde n’est pas en reste

De son côté, Renault pourrait avoir recours à l’impression 3D pour pallier au manque de masques et de respirateurs. Le 20 mars dernier, un des sites espagnols de Renault a ainsi mis à la disposition de salariés volontaires une vingtaine d’imprimantes 3D. Sans oublier les bobines de PLA, le matériau plastique utilisé pour la fabrication additive. Objectif : les aider à fabriquer des masques sur le modèle de leurs voisins italiens. A savoir des modèles dotés d’une visière et d’une feuille d’acétate.

L’artillerie industrielle américaine

Reste que l’industrie américaine écrase le champignon. Dès le 20 mars, General Motors annonçait son partenariat avec Ventec Life Systems pour contribuer à la production en masse de respirateurs artificiels. Le 23 mars, c’est au tour de Ford de faire part de son initiative de fabriquer avec 3 M des respirateurs artificiels. Deux jours plus tard, Elon Musk a déclaré rouvrir sa Gigafactory new-yorkaise pour faire de même. En attendant, Tesla a déjà livré 1 000 respirateurs artificiels provenant de Chine à des hôpitaux californiens. De l’autre côté de l’Atlantique, le gouvernement britannique aurait commandé 10 000 respirateurs artificiels à Dyson, le roi de l’aspirateur sans sac.

Erick Haehnsen

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