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Sûreté et sécurité

COP21 : un arrêté pour autoriser un antidote aux gaz neurotoxiques

Trois jours après les attentats qui ont endeuillé la France, un arrêté autorise l’utilisation de sulfate d’atropine, à savoir une antidote aux gaz neurotoxiques. C’est le service de santé des armées qui supervisera, à titre dérogatoire, la distribution ainsi que la mise en place du protocole auprès des services d'aide médicale d'urgence.

La perspective de « l’accueil sur le territoire français d’un sommet de chefs d’État préparatoire à la COP21 le 29 novembre 2015 » ainsi que de « l’accueil de la COP 21 du 30 novembre au 11 décembre » induisent un « risque d’attentats terroristes », ainsi qu’un « risque d’exposition aux neurotoxiques ». Et l’opération menée par les forces de l’ordre à Saint-Denis (93), ce 18 novembre, a démontré que la menace continuait de peser. Face à ces risques, un arrêté gouvernemental pris le 14 novembre, paru au Journal officiel le 15 novembre, autorise, parmi les mesures d’urgence, l’utilisation du sulfate d’atropine, à savoir une antidote aux gaz neurotoxiques – dont fait partie, par exemple, le gaz sarin.
Malgré l’existence d’autres médicaments, seul le sulfate d’atropine semble, selon l’arrêté, « adapté à la prise en charge d’urgence » dans le cas d’exposition à des « neurotoxiques de guerre » et autres gaz organophosphorés. Le sulfate d’atropine se présentera sous forme d’une solution injectable de 40 mg/20 mL PCA comme antidote spécifique dans les intoxications aiguës par les anticholinestérasiques (insecticides organo-phosphorés, neurotoxiques de guerre et carbamates) ou par les médicaments parasympathomimétiques ou cholinomimétiques, dans un contexte d’urgence ou de catastrophe.
Malgré l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché français délivrée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé pour le sulfate d’atropine 40 mg/20 mL PCA, les contraintes de fabrication et d’étiquetage ne permettent pas, dans des délais compatibles avec l’organisation de l’événement, sa mise à disposition pour les personnels politiques, les organisateurs de la COP 21 ainsi que la population. Cependant, aucun autre médicament adapté à la prise en charge en urgence n’est à ce jour autorisé en cas d’exposition de personnes à des neurotoxiques organophosphorés (insecticides organo-phosphorés, neurotoxiques de guerre et carbamates, médicaments parasympathomimétiques ou cholinomimétiques). Or il convient « de prendre toute mesure utile pour prévenir les atteintes graves pour la santé, en cas d’exposition d’un nombre potentiellement important de victimes à des neurotoxiques organophosphorés », précise l’arrêté.
Résultat, à titre dérogatoire, c’est le sulfate d’atropine solution injectable 40 mg/20 mL PCA, fabriqué par la Pharmacie centrale des armées, qui sera acquis, stocké, distribué, prescrit, dispensé et administré pour la prise en charge des personnes exposées à des neurotoxiques organophosphorés (insecticides organo-phosphorés, neurotoxiques de guerre et carbamates, médicaments parasympathomimétiques ou cholinomimétiques) par les professionnels de santé intervenant dans le cadre des services d’aide médicale urgente. Du coup, c’est le service de santé des armées qui approvisionnera l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus). Lequel se chargera de mettre à disposition des services d’aide médicale urgente l’antidote. L’Eprus dispose de plusieurs sites répartis sur le territoire, dont la localisation est tenue secrète, de sorte à stocker sur plusieurs milliers de palettes de quoi fournir en 12 heures des quantités très importantes de médicaments à plus d’une dizaine de départements français.

Erick Haehnsen

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