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Bateau de secours en mer : le test du retournement volontaire

La Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM) prépare la nouvelle génération de ses canots tous temps (CTT) pour le secours en mer des personnes en détresse. Ces navires réclament d'être particulièrement sûrs. Leur prototype vient de passer un test : on retourne le navire à 360° pour vérifier qu'il se replace naturellement dans sa position normale. Spectaculaire.

Incendies à bord, navire en perdition, avaries mécaniques en pleine tempête, difficulté à faire face aux intempéries… en 2014, la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM) a secouru pas moins de 7 155 personnes en détresse au cours de 4.925 interventions en pleine mer. Outre ses 7 000 bénévoles (dont 1.300 nageurs sauveteurs et 4.400 sauveteurs embarqués), cette association en loi de 1901 s’appuie sur une flotte de 40 canots tous temps (CTT) conçus pour intervenir dans les pires conditions en mer.
Dans la perspective de renouveler cette flotte quelque peu vieillissante, la SNSM a commandé 3 CTT de nouvelle génération au chantier naval Sibiril Technologies, basé à Carantec (Finistère), spécialisé dans les bateaux de secours en mer. Destinés aux bases de l’Île de Sein, de Sète (Hérault) et des Sables-d’Olonne (Vendée), ces navires pourront accueillir plus de 40 naufragés dont 15 en places assises et 2 civières. Ils sont basés sur un modèle de vedette ORC 178 de Sibiril Technologie, d’après le plan Pantocarène de l’architecte naval Didier Marchand de Port Navalo (Morbihan). D’une longueur de 17,80 m pour 5,20 m de largeur et de 1,62 m de tirant d’eau, le premier de cette série sera propulsé par 2 moteurs de 650 CV, armé d’un équipage de 8 personnes et pourra offrir une capacité d’accueil pour 40 naufragés dont 15 personnes en places assises et 2 en civières. Il vient de subir un test pour prouver qu’il est à la fois insubmersible et auto-redressable.
Dans ce but, le nouveau CTT a été retourné volontairement, timonerie dans l’eau, au moyen de sangles actionnées par une grue au port de pêche Roscof. Il a recouvré seul et instantanément sa position normale de flottaison, à l’endroit, après avoir effectué un tour complet sur lui même. Un test spectaculaire ! Et surtout concluant. Afin de ne pas risquer d’endommager certains équipements secondaires mais fragiles, ces derniers n’avaient pas été installés à bord. « Cette opération de qualification atteste des garanties réelles de sécurité offertes, en tous temps par ce navire aussi bien pour les sauveteurs que pour les personnes secourues en cas de retournement accidentel dans une mer déchaînée », confie Christian Hélou, le directeur technique de la SNSM. Après cette étape importante, le bateau est retourné au chantier Sibiril pour finitions avant d’entamer sa période d’essais. Quant aux deux prochains hauturiers insubmersibles et auto-redressables de la série, ils n’auront pas besoin de subir le même test.
Pour un coût de 1,4 million d’euros, le premier bateau sera livré le 9 décembre à la station de l’Île de Sein et sera baptisé Yves et François Olivaux, à la demande de la légatrice. En effet, si la loi permet aux régions et aux départements concernés de lui apporter leur aide, la SNSM doit compter sur les financements privés à hauteur de 80%. D’où l’importance, entre autres, des legs. Le Yves et François Olivaux va ainsi remplacé le Ville de Paris, mis en service il y a 35 ans.

Erick Haehnsen

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