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Applications gouvernementales de traçage COVID-19 : les Français peu convaincus

Dans certains pays comme l’Irlande, les citoyens ont massivement adopté le système de traçage. Il n’en va pas de même en France. Seulement 3,5% de la population a adopté le système. En cause, la crainte du non-respect des données privées.

Immuni en Italie, StopCovid en France, Radar COVID en Espagne, Corona-Warn-App en Allemagne… Alors qu’une nouvelle vague de cas de Covid-19 se répand en Europe, les mesures sanitaires se multiplient pour lutter contre l’épidémie. Parmi les solutions pour reprendre le contrôle, les États membres se tournent vers des applications de traçage. Il s’agit de suivre les personnes qui ont été en contact avec des individus testés positifs au Covid-19. Si ces applications marchent bien dans certains pays comme l’Irlande, en France, le scepticisme règne. Moins 3,5 % de la population a téléchargé l’application à ce jour. Les détails avec la start-up spécialisée de la téléphonie Selectra qui a mené l’enquête.

Un contact durant 15 minutes

Concrètement, les applications de traçage déployées en Europe consistent à localiser les personnes atteintes du Covid-19. Si les noms, les équipes en charge du développement, les dates de lancement et les taux de téléchargement varient, les fonctionnalités restent les mêmes. Il s’agit de prévenir les utilisateurs qui se sont trouvés en contact au moins 15 minutes avec des personnes contaminées. Une situation qui peut survenir par exemple, dans un train ou dans une file d’attente au supermarché.

Une technologie Bluetooth

Pour cela, ces applications s’appuient toutes sur la technologie Bluetooth qui localise les téléphones portables. Les appareils mobiles échangent des codes aléatoires spécifiques. Et ce, afin de détecter les rencontres à risque. En cas de contact avec un utilisateur testé positif, le détenteur du téléphone reçoit alors une alerte.

3,5% de téléchargements en France

Côté français, l’application StopCovid ne semble pas avoir convaincu les citoyens autant que l’espéraient les autorités. Depuis son lancement en juin, l’appli affiche le taux de téléchargement le plus bas des pays européens étudiés. Une méfiance qui s’explique par la crainte des Français d’une fuite de données personnelles. Pour y remédier, le Premier ministre français, Jean Castex, a déclaré à la presse qu’une nouvelle version de l’application, alerte Covid, sera lancée le 22 octobre.

Les irlandais, les plus coopératifs

De l’autre côté du spectre, l’application irlandaise COVID Tracker, représente la solution la plus téléchargée en Europe. Avec un taux de 26 % d’adoption par la population, l’app lancée l’été dernier a obtenu une note de 4,3 sur 5. Contrairement aux exigences françaises, elle permet de partager de nombreuses données personnelles. Comme le sexe, l’âge, la ville et même un numéro de mobile et une adresse IP.

L’Allemagne en deuxième position

Autre modèle de réussite, Corona-Warn-App en Allemagne représente la deuxième application la plus téléchargée (22%). Mise au point par l’institut gouvernemental Robert Koch, elle atteint une note de 4,4 sur 5 basée sur près de 50 000 avis. À son lancement mi-juin, elle a bénéficié d’un pic de téléchargements, puis sa croissance s’est stabilisée.

Coronalert en Belgique, la plus récente

Enfin, Coronalert en Belgique représente l’application la plus récente et la plus prometteuse. Inspirée de Corona-Warn, elle est apparue le 30 septembre. En seulement quelques semaines, plus de 5 % de Belges l’ont déjà installée.

Ségolène Kahn

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