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Sûreté et sécurité

Comment prévenir les actes de malveillance en entreprise ?

Il n’est pas rare que les entreprises soient les lieux d’actes malveillants généralement dirigés contre l’entreprise elle-même ou contre ses dirigeants. S’il prend différentes formes, l’acte malveillant est toujours commis délibérément et, à court ou long terme entraîne des problématiques plus ou moins importantes. C’est pourquoi il convient de prévenir ce type d’actes. Il existe pour cela différents moyens.

Cerner le comportement malveillant

Les actes de malveillance peuvent être commis par n’importe quel individu au sein de l’entreprise et pour des motifs très variables. En effet, la loi ne donne pas de définition précise de ce type de comportements, si bien que ça peut concerner un large panel de situations.

On peut néanmoins en donner une définition globale en disant que l’acte de malveillance est un acte isolé ou répété commis sciemment par un ou plusieurs individus dans l’intention de faire du tort à l’entreprise, à ses dirigeants, etc.

Un acte de malveillance peut se traduire par une action ou le fait délibéré de ne pas réaliser un certain travail. Il peut s’incarner dans le faire comme dans le non faire, l’omission volontaire.
Dans la hiérarchie des manquements contractuels, ce type de comportement est le degré le plus élevé de faute pour un employé.

 

Quand l’acte malveillant avec intention de nuire a été repéré, le directeur de l’entreprise peut procéder au licenciement de son auteur. Et ce renvoi est valable même si l’acte a été commis dans le cas d’une grève. Les revendications ne justifient en rien les actes de malveillance. De plus, selon l’article L3141-26 al. 2 du Code du travail, le licenciement peut être effectué sans préavis et sans versement d’indemnités.

Pour le salarié, les conséquences peuvent être lourdes car en plus de son licenciement, son employeur peut également lui demander une indemnisation devant les prud’hommes pour réparation de la faute lourde. Notons que dans l’affaire des chocolats piégés, ce sont plus de 550 000€ que la justice a demandé au salarié de verser à son employeur.

Bien sûr, étant donné le montant élevé des sommes généralement demandées dans ce type de situations, l’employeur peut s’attendre à ce que l’auteur de l’acte ne soit pas solvable. Et l’assurance du salarié ne procédera pas au versement de cette somme étant donné que l’acte était volontaire.

Réagir face aux actes de malveillance

Quand un acte de malveillance est clairement décelé au sein de l’entreprise, il entraîne une situation de crise que l’employeur doit traiter comme telle. La réaction de la hiérarchie doit s’articuler autour d’une mesure disciplinaire et d’une mesure judiciaire.

À cette étape-là, l’employeur doit veiller à être bien accompagné pour notamment se faire conseiller sur la manière de communiquer au salarié auteur de l’acte et sur le plan juridique. Il ne faudrait pas que la situation puisse se retourner à son désavantage faute de n’avoir pas su gérer cette situation.

Il est également important que l’employeur reste dans la légalité s’il entreprend des investigations, et son enquête en interne doit être la plus discrète possible. Il n’est pas nécessaire que la situation retentisse sur toute l’entreprise. Si la hiérarchie décide de porter plainte, alors une enquête officielle sera ouverte. Cette dernière, dont l’objectif sera d’amasser des preuves, s’avérera plus efficace qu’une enquête interne. Il convient en effet de relier les actes de malveillance à un individu, d’en trouver l’auteur et d’en faire la preuve.

À savoir qu’à compter du jour où l’employeur prend connaissance de l’acte de malveillance, un délai de prescription de deux mois se met en place pour agir sur le plan disciplinaire.

Dissuader et prévenir la malveillance interne

Quand ce type de comportement survient, il est primordial pour l’entreprise d’en analyser les causes car cela permettra de savoir quelles actions correctrices peuvent être mises en place. L’employeur pourra notamment renforcer les éléments de contrôle.

Cela étant, il convient de prendre l’humain en considération également. Communiquer autour de ce type d’actes et leurs conséquences civiles et pénales est une bonne idée. Mais il faut également comprendre les causes, avoir une vision très claire des raisons ayant poussé à cette situation.

À noter que dans le contexte social actuel où les tensions sont palpables, les actes de malveillance via l’utilisation de l’informatique sont de plus en plus courants. Une bonne communication entre dirigeants et salariés est donc absolument nécessaire. Il faut également savoir être attentif aux salariés de manière à repérer les comportements sensibles et d’apaiser la situation en communiquant.

En présence d’une faute lourde, il convient d’être réactif et d’agir vite tout en prenant le temps de bien gérer la situation. Prévenir les actes de malveillance par le dialogue vaudra toujours mieux que de porter la situation devant la justice, mais cela n’empêche pas l’employeur de faire preuve de fermeté.

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