3M remet au goût du jour sa molécule anti-feu Novec 1230

Le nombre d’agents extincteurs disponibles en cas d’incendie se compte sur les doigts d’une main. Citons, l’eau (sous différentes forme, dont la brume), le sable, diverses poudres ainsi que plusieurs gaz inertes. Dernière solution : le recours à des composés organiques de type hydrocarbures halogénés (également désignés par le terme d’halocarbures). Ce type de substance se subdivise en plusieurs familles de produits dont celle des hydrofluorocarbures (HFC, ou F-gaz pour les anglophones). À savoir, un halocarbure dont l’hydrogène est partiellement remplacé par du fluor. Cette dernière solution est largement prisée dans le cadre de la lutte contre le feu.

Pas étonnant, puisqu’elle procure un triple avantage aux responsables sécurité. Cette solution peut être utilisée là où l’eau est proscrite (par exemple dans les salles d’ordinateurs) car elle possède des propriétés diélectriques (isolantes électriquement). Elle offre ensuite une action plus rapide que les gaz inertes. Enfin, les hydrofluorocarbures n’ont pas besoin d’être répandu en grande quantité pour être efficace. Problème : ces substances chimiques ont le défaut – comme leur nom l’indique – d’incorporer des gaz fluorés. Or ceux-ci sont connus pour leur effets néfastes sur le changement climatique. Du coup, la commission européenne a voté (le 7 novembre dernier), dans le cadre de la révision du règlement F-Gaz (CE 842/2006), l’interdiction de certains HFC. À l’instar du R-23, qui ne sera plus autorisé à partir du 1er janvier 2015.

De quoi donner des sueurs froides aux entreprises qui ont opté pour les HFC dans leur stratégie anti-incendie. Avec cette question en filigrane : vais-je devoir jeter mon investissement à la corbeille ? Pas de panique, répondent les fabricants, tous les HFC ne feront pas l’objet d’une interdiction. Ainsi l’entreprise 3M, un fabricant mondial de solutions de sécurité, a fait savoir par communiqué de presse que sa molécule Novec 1230, commercialisée au début des années 2000, « ne verra pas son utilisation interdite ou limitée en raison de son potentiel de destruction de la couche d’ozone ou de son potentiel de réchauffement global. » Pour le garantir, le fabricant fait valoir que le PRG (Potentiel de réchauffement global) de sa molécule est égale à 1. Signifiant par là que l’impact du Novec 1230 dans l’atmosphère est strictement égal à celui du simple gaz carbonique (CO2). Introduit pas le protocole de Kyoto, entré en vigueur en 2005, Le PRG mesure l’effet d’un gaz à effet de serre (GES) sur le réchauffement climatique par rapport à celui du CO2 (PRG du CO2 = 1) sur une période de 100 ans. Le chiffre est toutefois à prendre avec des pincettes car des biais peuvent être introduits lorsque la période est manipulée.

© Guillaume Pierre


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


The reCAPTCHA verification period has expired. Please reload the page.