Gérer les risques
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Santé et qualité de vie au travail

2,6 millions de salariés français exposés à des substances cancérogènes

Les salariés français ne sont pas tous égaux devant les expositions aux produits cancérogènes. Parmi les principales victimes, retenons les salariés du BTP, de l'industrie, de la métallurgie ou encore les infirmières, les coiffeuses et les esthéticiennes.

2,6 millions de salariés français ont été exposés à au moins une nuisance cancérogène et 757.000 à au moins deux. Tels sont les chiffres de l’étude explosive Sumer (Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques) qui a été publiée mi-juin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence sanitaire Santé publique France.

Trois critères cancérogènes
Son équipe s’est appuyée sur les données accumulées par des médecins du travail auprès de 48.000 personnes de 2009 à 2010. Pour cela, les chercheurs ont identifié les cancérogènes à partir de trois critères : selon 24 agents chimiques, classés comme cancérogènes avérés ou probables (dont les poussières, médicaments, etc…), les rayonnements ionisants et le travail de nuit (au moins 45 nuits par an) qui est associé à un excès de risque de cancer du sein chez les femmes.

Les hommes plus exposés que les femmes
Résultat, 12% des salariés, soit environ 2,6 millions, 2 millions d’hommes (17%) et 600.000 femmes (5,9%) ont cumulé des expositions à des nuisances cancérogènes dans leur cadre professionnel. Parmi eux, 757.000 salariés (soit 30% des exposés) présentaient une exposition à au moins deux cancérogènes (5,7% chez les hommes et 0,9% chez les femmes) et 264.650 à au moins trois. Plus précisément, l’exposition aux cancérogènes chimiques toucherait 2,2 millions de salariés (1,9 million d’hommes et 272.000 femmes), celle aux rayonnements ionisants 259.000 (136.000 hommes et 123.000 femmes) et 236.500 femmes salariées travaillaient au moins 45 nuits par an. Parmi les salariés exposés, 78% étaient des hommes, 15% des femmes de moins de 45 ans et 7% des seniors.

Les moteurs diesel à l’index
L’étude qui souhaite pointer du doigt les secteurs prioritaires les plus touchés pour renforcer les dispositifs de prévention montre que chez les hommes, les expositions les plus importantes sont dues aux émissions de moteur diesel, les huiles minérales entières, les poussières de bois et la silice cristalline. Du côté des femmes, le danger vient plutôt du travail de nuit (augmentant les risques de cancer), de l’exposition aux rayonnements ionisants (radioactivité) ou encore de l’exposition au formaldéhyde (substance chimique cancérogène servant dans diverses industries comme conservateur et désinfectant), mais aussi des médicaments anticancéreux.

Les professions à risque
En première ligne de mire, les salariés les plus touchés dans les professions masculines sont les ouvriers du BTP, de la maintenance, du travail des métaux, des transports et de la réparation automobile. Du côté des femmes, ce sont surtout les professionnelles de la santé (infirmières, sages-femmes, aides-soignantes), les coiffeuses, les esthéticiennes et le personnel des industries de process (industries chimiques, papetières, etc.).

Ségolène Kahn

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