Gérer les risques
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Risques industriels et environnementaux

« 100 minutes pour la vie » : le bâtiment a sa campagne de prévention des risques à destination des jeunes

Jusqu'au 21 février, cette campagne sensibilise 25.000 apprentis dans les CFA aux risques professionnels. Pour ce faire, « 100 minutes pour la vie » utilise le Serious Game.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les jeunes de moins de 25 ans ont quatre fois plus d’accidents de travail que les autres tranches d’âge selon les dernières statistiques du ministère du Travail. 84 accidents de travail avec arrêt pour 1.000 salariés sont enregistrés chez les jeunes, contre 41 chez les plus âgés. Même constat concernant les accidents de trajet domicile-travail : ils sont de 11,4 pour 1.000 chez les jeunes de moins de 25 ans, contre 2,5 pour 1.000 chez les plus de 25 ans.

Sensibiliser 25.000 apprentis. Le secteur du BTP étant en outre l’un des plus touchés par les risques professionnels, l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) a reconduit sa campagne nationale de sensibilisation « 100 minutes pour la vie » dédiée à la prévention des risques professionnels, pour la cinquième année consécutive. Démarrée le 13 janvier, cette campagne met 66 conseillers en prévention de l’OPPBTP avec pour objectif de sensibiliser 25.000 apprentis dans les CFA (Centre de formation d’apprentis) d’ici le 21 février.

Serious game. Pour avoir toute l’attention de ces jeunes, « 100 minutes pour la vie » mise pour la première fois cette année sur le Serious Game (en français:  »Jeu sérieux »), un logiciel qui met le jeu au service de la pédagogie. Lors de la session, le formateur s’aide d’un laboratoire virtuel qui simule l’occurrence d’accidents dans un futur proche. Munis de télécommandes, les étudiants doivent alors choisir entre différentes opérations pour éviter à chaque fois les accidents et sécuriser le personnel.

Fabrice Pouliquen

« 100 Minutes pour la vie » a aussi son site internet.

Avis d’expert : Patrick Rebaud, responsable du bureau OPPBTP de Clermont-Ferrand, est l’un des conseillers en prévention participant à « 100 minutes pour la vie ».

Pourquoi les jeunes de moins de 25 ans sont plus touchés que les autres tranches d’âges par les accidents du travail ? 

Dans le bâtiment, il y a deux tranches d’âges plus touchées que les autres par les accidents du travail. Les plus de 50 ans qui relâchent parfois leur vigilance par excès de confiance après des années de travail dans le secteur. La deuxième tranche d’âge impactée porte effectivement sur les jeunes de moins de 25 ans. Tout simplement parce qu’ils sont inexpérimentés. Les jeunes sont aussi caractérisés par une certaine inconscience des risques. Ils se croient parfois invincibles. Et puis, quand on démarre dans la profession, on se préoccupe sûrement davantage d’acquérir les techniques du métier que les gestes de prévention.

Est-facile d’intéresser les jeunes à la prévention des risques professionnels ? 

Cela commence. On le voit à travers « 100 minutes pour la vie ». On en est déjà à la cinquième édition. Les formateurs en prévention de l’OPPBTP retrouvent parfois en entreprise des jeunes qu’ils ont eu en Centre de formation d’apprentis (CFA) lors des campagnes de sensibilisation. Et ces anciens élèves nous parlent souvent de ce qu’ils ont appris lors de « 100 minutes pour la vie». Morale de l’histoire : certaines choses restent. Surtout, les accidents du travail affectant les jeunes dans le bâtiment ont eu tendance à baisser durant les dernières années.

Les entreprises ont-elles pris aussi conscience de la nécessité de sensibiliser leurs jeunes recrues aux risques professionnels ?

Les nouvelles réglementations les y amènent. Aujourd’hui, l’entreprise est obligée de formaliser un accueil sécurité de tout nouvel employé. De même, elle est obligée de refaire un point sur les règles de sécurité avec le salarié à chaque changement de poste. Est-ce toujours appliqué ? C’est difficle à dire ! La filière du BTP est composée d’un important tissu de PME et de TPE qui n’ont pas toujours le temps ni les moyens d’instaurer ces dispositifs de sécurité. L’OPPBTP est justement là pour les aider.

Propos recueillis par Fabrice Pouliquen

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