Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Santé et qualité de vie au travail

Yumain phosphore sur une nouvelle génération de capteurs

Cette start-up fait travailler une douzaine de personnes dont les deux-tiers font de la R&D. Elle prévoit d'ici un à deux ans de commercialiser des capteurs autonomes en énergie qui embarqueront des applications dédiées notamment au secteur de la prévention des risques.

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Cette caméra intelligente s’inspire du fonctionnement de l’oeil humain. © Yumain

Aujourd’hui, les caméras intelligentes savent détecter très rapidement une présence ou faire du comptage de personnes in situ. Mais cela requiert d’avoir dans l’appareil une carte électronique pour traiter l’information. Ce qui freine la miniaturisation des capteurs multifonctions. Un problème sur lequel travaille l’entreprise Yumain. Créée à Dijon en 2011, son équipe de 15 personnes, dont les 2/3 en R&D, conçoit et développe des logiciels d’intelligence artificielle (IA). Ainsi que des caméras, capteurs multifonctions et cartes électroniques. Ces produits fabriqués en France et chez nos voisins européens sont disponibles depuis un an seulement sur catalogue.

Des caméras peu consommatrices d’énergie et reprogrammables

Si leur application intéresse la protection des biens et des personnes, Yumain préfère se positionner sur le marché de la prévention des risques. Ses caméras intelligentes servent notamment au comptage de personnes dans le cadre de la distanciation sociale. Ou encore à la détection d’absence de casques de chantier sur les opérateurs. Les caméras savent aussi repérer la présence de personnes à proximité des véhicules pour éviter les accidents. « Nos appareils alertent les piétons de l’arrivée d’un chariot élévateur ou d’un camion en moins de 0,5 seconde », explique Michel Paindavoine, cofondateur et directeur technique de l’entreprise.

Prochaine étape, faire de la détection et de la gestion d’événement sur le même capteur miniature

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Michel Paindavoine est un spécialiste de l’intelligence artificiel. © Yumain

Autre avantage, ses caméras sont peu énergivores car elles consomment moins d’une vingtaine de Watt. Autre avantage, elles peuvent être aussi reprogrammées. « Par exemple nous leur avons appris à détecter la présence de masque sur une personne », indique ce docteur en traitement électronique du signal et professeur d’université à Dijon dans le domaine de l’électronique, du traitement du signal-image et de l’intelligence artificielle. Grâce au Deep Learning, ses caméras savent reconnaître des objets dans des situations très complexes. « La prochaine étape sur laquelle nous travaillons sera de proposer des capteurs miniatures capables de faire à la fois de la détection et de la gestion d’événement », prévoit ce spécialiste en IA.

Troquer la carte électronique connectée contre une caméra sur puce

Ce dernier phosphore désormais sur des capteurs consommant quelques milliwatts afin de les déployer à grande échelle dans l’internet des objets. Pour y parvenir, son équipe développe de nouvelles techniques d’IA basées sur un réseau de neurone à Spike. « Dans la vie, on est toujours attiré par quelque chose qui paraît important dans une scène, dans ce cas, les neurones s’activent et transportent l’information aux neurones voisins », explique l’expert en IA qui s’en inspire. « Ce mode de fonctionnement est révolutionnaire car il amène à travailler non pas sur des images complètes mais sur des informations pertinentes issues de la scène observée », explique Michel Paindavoine. L’enjeu étant de troquer la carte électronique connectée contre une caméra sur puce.

Des capteurs attendus d’ici un an ou deux sur le marché

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Ce capteur embarque de l’intelligence artificielle. © Yumain

Ce qui permettrait de miniaturiser le capteur et de le mettre dans un Smartphone. Aujourd’hui, Yumain dispose déjà d’un prototype de caméra opérationnel qui mesure 6 cm x 4 cmx 3 cm. L’entreprise voudrait  miniaturiser davantage la taille de ces caméras. Ce qui permettra de multiplier par 10 ou par 100 le nombre de caméras autonomes sur le plan énergétique. Et pour un coût identique. « On pourra avoir une meilleure précision dans la surveillance des sites », indique le directeur technique. Lequel entrevoit de commercialiser la première génération de capteur embarquant des applications d’ici un an ou deux.

Eliane Kan

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