Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risques industriels et environnementaux

Un séisme de magnitude 5,2 en Charente-Maritime

Ce jeudi 28 avril à 08h46, le département a été secoué par un tremblement de terre de magnitude 5,2. La région connaît une sismicité très ancienne. La réglementation impose des modes de construction pour rigidifier les structures de bâtiment.

Plus de peur que de mal ! Ce jeudi 28 avril à 08h46 du matin, les habitants de la Charente-Maritime ont eu une sacrée surprise : un tremblement de terre de magnitude 5,2 les a secoués pendant quelques secondes, comme l’a indiqué le Réseau national de surveillance sismique (Rénass). Le séisme, dont l’épicentre s’est situé entre Rochefort et La Rochelle, s’est produit à 21 km de profondeur. Il a été également ressenti par de nombreux témoins à proximité de Poitiers, en Vendée et jusqu’aux abords de Bordeaux. Sur l’île d’Oléron la terre a aussi tremblé au Château d’Oléron.
Notons, cependant, qu’aucun dégât majeur, pour le moment, n’est à déplorer. Selon l’unité risques sismiques et volcaniques du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), la Charente-Maritime est considérée comme une zone sismique a risque modéré. Il s’agit d’une région sismique très ancienne, à l’activité relativement régulière. Le dernier séisme de magnitude de 5 date de 1972. Il n’avait aucun mort.
A l’époque, de nouvelles secousses s’étaient fait ressentir 4 ou 5 mois après le premier tremblement de terre. En général, les répliques ont une intensité plus faible que celle du séisme initial. Même si une réplique plus forte n’est jamais à exclure. Reste qu’il ne devrait pas y avoir de tsunamis. Lesquels apparaissent à l’occasion de séismes de magnitude d’au moins 6. Tout au plus, il peut se produire une vague de quelques centimètres, à peine observable. Sur le site franceseisme.fr, certains habitants de Charente-Maritime ont observé la chute de quelques objets situés sur des étagères ou de morceaux de plâtre des plafonds.
« La réglementation impose de rigidifier l’ensemble de chaque construction que nous réalisons, explique Eric Delahaie, gérant de la SARL éponyme qui réalise le gros œuvre de maisons individuelles sous la houlette du collectif d’artisans Espace 21. En cas de tremblement de terre, l’objectif de cette protection vise tout simplement à éviter que la construction s’écroule sur ses occupants. »
Pour rigidifier une maison, cette entreprise de maçonnerie creuse des tranchées de fondation au fond desquelles sont placés les chaînages d’acier. Au centre, des excavations de 50 cm de large, 100 cm de long et 25 cm de profondeur accueillent également un chaînage d’acier. « On fait aussi remonter un chaînage à chaque coin de mur ainsi qu’à chaque encadrement de porte et de fenêtre », explique Eric Delahaie. Ces reprises chaînent tout le pourtour de chacune des ouvertures. Une fois les chaînages du pourtour installés et les plots mis en place, le béton de fondation (Lafarge XCS 25/30) à 350 kg de ciment par mètre cube est coulé sur une hauteur de 25 cm. Les excavations chaînées deviennent alors des plots servant d’appui à une  »dalle champignon » conjointement au chaînage acier/béton de fondation. A cela s’ajoutent 3 rangs de parpaing posés sur le pourtour des fondations et les 5 plots afin soutenir la dalle, coulée sur 12 cm d’épaisseur avec un acier ST25C.
Quant à l’enveloppe, elle est posée sur la  »dalle champignon » de même que l’ossature de la maison ainsi que ses murs en briques alvéolaires de 20 cm x 50 cm x 33 cm. Les briques des murs sont collées avec une résine. Deux ceinturages parasismiques – le premier est horizontal et le second est rampant – sont aussi installés sur tout le pourtour de la maison. Ces briques sont évidées pour y poser des chaînages d’acier avant d’y couler le béton. D’autre part, des emplacements bétonnés permettent d’ancrer solidement des pattes métalliques qui accueillent les poutres de la couverture. Enfin, des renforts en bois sont cloués en contreventement sur le dessous de la charpente.

Erick Haehnsen

Commentez

Participez à la discussion


La période de vérification reCAPTCHA a expiré. Veuillez recharger la page.