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Santé et qualité de vie au travail

Un détecteur de radioactivité compact et connecté

Après deux ans de R&D, la start-up française Icohup démocratise la détection de rayonnements ionisants, tant pour les professionnels que pour le grand public. Des grands comptes se sont déjà laissés séduire.

Pas moins de 384 198 travailleurs sont exposés aux rayonnements ionisants dus à la radioactivité, selon le rapport annuel de 2017 de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). Un effectif en croissance de 1,6% par rapport à 2016. L’augmentation concerne principalement le personnel navigant (+2 725 travailleurs, soit +14%) ainsi que les secteurs médical et vétérinaire (+11 167 travailleurs soit +6%). C’est dans ce contexte que la start-up Icohup, basée à Limoges (87), vient de lancer son premier détecteur de radioactivité de poche, qui a la particularité d’être connecté.

Un grand pas pour la jeune pousse
Après avoir été récompensée en octobre 2017 dans la catégorie smartphone, lors du CES Unveiled de Paris, un salon mondial dédié aux nouvelles technologies, Icohup a lévé 300 000 euros. Son détecteur, baptisé Rium, est aujourd’hui breveté. « C’est l’aboutissement de deux longues années de R&D, explique Gaël Patton, co-fondateur d’Icohup et docteur en physique de l’Institut Lumière Matière (ILM) de l’Université Claude Bernard Lyon 1 / CNRS. Nous avons de précieuses collaborations, notamment avec l’IRSN, qui a certifié cet été la qualité de nos mesures. »

Contrôler les rayonnements ionisants des installations
Au-delà de la dosimétrie (détermination quantitative de la dose radioactive absorbée par l’organisme), ce détecteur est capable de fournir des informations spectrométriques, c’est-à-dire qu’il aide à identifier la source du rayonnement. Connecté à un smartphone et à une plateforme Web sécurisée, Rium offre de nombreuses possibilités : visualisation des données en temps réel, géolocalisation des capteurs, alertes et historiques des mesures. Des avantages non négligeables en milieu professionnel, pour contrôler les installations et surveiller l’exposition du personnel aux rayonnements ionisants. La start-up a multiplié les contrats commerciaux auprès de grands donneurs d’ordres européens, parmi lesquels Orano, Dalkia, EDF, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) en Belgique.

Sur la voie de la démocratisation
Selon l’IRSN, les rayonnements ionisants d’origine naturelle, comme le radon, représentent les deux tiers de l’exposition de la population en France. Dans ce contexte, Icohup propose une version grand public, comme outil pédagogique permettant de mieux comprendre son environnement et de partager ses données avec la plateforme d’Icohup. Les particuliers peuvent se procurer le détecteur au prix de 399 euros TTC (contre 590 euros HT pour la version professionnelle, sans l’abonnement d’accès à la plateforme Web de suivi des données d’exposition). Cependant, pour Icohup, la priorité est de déployer Rium dans plusieurs centrales nucléaires françaises et centres hospitaliers. La start-up va également se lancer à l’assaut du marché américain, en participant notamment à la prochaine édition du CES de Las Vegas.

Manon Pietri

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