Test réussi par la Darpa d’un quadricopter autonome qui vole à 72 km/h en intérieur

La Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa), à savoir l’agence américaine pour les projets de recherche avancée de Défense, croit dur comme fer à l’intérêt des drones légers en matière de sécurité et de sûreté. Pour preuve, elle soutient le projet Fast Lightweight Autonomy (FLA), autrement dit  »Drones légers, rapides et autonomes ». Dans ce cadre, la puissante agence américaine vient d’effectuer un vol d’essai sans pilote et sans GPS à l’intérieur d’un entrepôt à la vitesse de 72 km/h.
Pour la Darpa, les Unmanned Aerial Vehicles (UAV) ou drones volants se sont banalisés dans la vie militaire et civile de tous les jours. Côté forces armées, ils constituent un précieux moyen de reconnaissance qui permet de garder les soldats hors de danger face à l’ennemi. Côté civil, ils permettent, en cas de catastrophe naturelle ou industrielle, d’accéder en toute sécurité des environnements dangereux. Mais à l’heure actuelle, la plupart des drones ne savent pas négocier leur course à grande vitesse dans des espaces exigus et imprévisibles.
Certes, les drones rapides et de petite taille existent déjà, au moins sous forme de prototype. « En revanche, ils ne peuvent pas transporter les capteurs nécessaires à leur mission de reconnaissance ni calculer leur vol de façon autonome dans des environnements intérieurs encombrés », constate Mark Micire, chef de projets à la Darpa. D’où l’intérêt du programme FLA qui vise à créer des drones prototypes assez petits pour passer au travers de la fenêtre d’un bâtiment et capables de voler très vite, jusqu’à plus de 70 km/h sans l’aide d’un opérateur ou de GPS d’intérieur. « La difficulté consiste à trouver le juste équilibre entre une petite taille, un faible poids, une puissance de déplacement intéressante et une puissance de calcul embarqué capable de gérer des missions complexe de façon autonome », reprend Mark Micire.
Pour y parvenir, la Darpa affirme que l’élément clé de la réussite repose sur une nouvelle classe d’algorithmes qui nécessite une faible capacité de calcul. Tout en étant capable de générer à la volée la modélisation de l’espace dans lequel le drone doit naviguer. Autre idée importante : libérer l’opérateur des tâches de pilotage pour qu’il puisse se concentrer sur des missions de plus haut niveau, notamment en gérant plusieurs drones.
Les vols d’essai, qui ont quand même donné lieu à quelques chutes, ont été réalisés dans un hangar désaffecté de l’Otis Air National Guard Base, à Cape Cod (Massachusetts), transformé, pour l’occasion, en un labyrinthe de cartons et de rayonnages. Trois équipes de recherche ont utilisé un drone commercial Flamewheel 450 du constructeur chinois DJI, équipés de 4 moteurs E600 et de 12 hélices ainsi que d’une unité de pilotage automatique 3DR Pixhawk. En outre, le drone a embarqué une foule de capteurs. Dont des caméras haute définition, un lidar, un sonar, une centrale inertielle…
Pour les premiers essais, les équipes ont fait voler le drone à deux vitesses (haute et basse), l’opérateur agissant uniquement en qualité d’observateur. A présent, la Darpa estime que cette première phase de collecte des données est achevée. Dans une prochaine campagne d’essais, le  »parcours du combattant » du drone sera rendu plus complexe et réaliste. Dans le cadre de technologies duales (aussi bien pour le militaire que pour le civil), l’espoir de la Darpa est que la nouvelle génération d’algorithmes soit adaptée non seulement aux drones volants mais aussi aux drones marins et terrestres qui évoluent dans des environnements où le signal GPS est dégradé ou absent.

Erick Haehnsen


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