Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

Tecknisolar Seni joue les figures de proue avec son drone multifonction

Cette entreprise multiplie les inventions pour renforcer la sécurité des biens, des personnes et des Etats. En témoigne son drone maritime multifonction, dernier né d'une longue série d'objets innovants qui vont de la veste connectée pour les marins pompiers au textile sismique pour empêcher le vol de câbles.

Lancés dans la conquête du ciel et de la terre, les drones veulent aussi s’imposer en mer. L’enjeu pour les Etats concernés serait de renforcer la surveillance de leurs eaux territoriales afin de repérer, par exemple, les bateaux de migrants. Ou encore d’empêcher les navires de pêche de siphonner le fond des mers. Comme le fait valoir Pascal Barguirdjian, le dirigeant et fondateur de Tecknisolar Seni, créée en 1992 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Intégrant son propre laboratoire de recherche, l’entreprise agréé par le ministère de la Recherche innove depuis vingt ans sur cinq secteurs. A savoir, le médical, la sécurité routière et l’automobile (elle est notamment à l’origine du détecteur de pluie), le militaire et le maritime.

En témoigne cette veste connectée qui équipe les marins pompiers de Brest. Six exemplaires ont été fournis depuis 2011. Ce vêtement de survie résiste au feu (il supporte jusqu’à 130°C sur la face avant), transmet des informations par radio et produit même de l’énergie afin d’alimenter les différents capteurs embarqués. Dont des voyants lumineux qui indiquent, entre autres, au pompier que sa cartouche de gaz est saturée.

Autre invention marquante, ces systèmes électroniques anti-requins qui s’adressent aux surfeurs et aux plongeurs ainsi qu’aux établissements situés en bord de mer. « Nos dispositifs envoient des ondes acoustiques afin de repousser les requins sans les blesser », fait valoir le dirigeant de Tecknisolar Seni qui projette d’industrialiser cette année ses systèmes baptisés Dearteck (Dispositif électronique anti-requin) qui se présentent sous la forme d’appareils portables soit sous la forme d’un mur électronique pour protéger une plage.

A la base de toutes ces innovations, le chercheur Pascal Barguirdjian ne travaille qu’avec une équipe restreinte de quatre personnes spécialisée dans le traitement du signal (brouillage radio, radar, infrarouge, caméra thermique, etc), les énergies renouvelables et les résines végétales qui servent notamment, en application sur le textile, à absorber des ondes radio ou absorber la chaleur. En matière de tissus intelligents, la TPE a eu l’idée de faire des textiles sismiques pour lutter contre le vol de câbles de cuivre enterrés. « Ces dispositifs sont conçus pour détecter en temps réel une intrusion et prendre une photo transmise par liaison radio afin de faire une levée de doute », résume le PDG de l’entreprise qui dépose systématiquement des brevets pour protéger ses innovations.
Dernière en date, son drone maritime et multifonction, véritable concentré technologique de ses différents savoir-faire. « Il est conçu pour patrouiller à quelques dizaines de kilomètres des côtés afin d’identifier notamment les bateaux usines qui viennent piller les eaux territoriales de certains états », commente Pascal Barguirdjian qui l’a présenté cette année sur le salon Euronaval. Passionné de drones, il a créé son premier engin aérien en 2000. Ce chercheur s’est attelé à miniaturiser les différents dispositifs embarqués sur son nouveau drone marin. Discrète, cette plate-forme de 2,20 m de long et 0,50 m de large se déplace à une vitesse de 4 à 5 nœuds grâce à un moteur électrique alimenté par des capteurs solaires à haut rendement.
Jouant le rôle d’un œil déporté, ce drone est conçu pour détecter une anomalie comme la présence anormale d’un bateau, d’une nappe de fuel, etc. A l’aide de ses caméras thermiques et numériques, il saura filmer la scène et la transmettre aux autorités concernées qui peuvent être situées jusqu’à 20 kilomètres de sa position. Autre point fort, sa furtivité grâce à sa carlingue en résine végétale qui absorbe la chaleur et les ondes radio et le rend invisible aux caméras thermiques. « Il est également indétectable aux radars puisqu’il est pratiquement dépourvu de masses métalliques », rapporte le dirigeant de Tecknisolar qui adresse son drone aux marines nationales et étrangères. « Nous sommes en négociation sur la vente d’une dizaine de drones dans des Etats amis de la France ».

Eliane Kan

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