Santé des femmes au travail : quels sont les principaux clichés ?

« Les femmes ne font pas d’infarctus », « Elles sont mieux suivies que les hommes et occupent des postes moins pénibles »… encore aujourd’hui, la santé des femmes fait l’objet de nombreux clichés qui faussent les démarches de prévention en entreprise. C’est ce que dénonce un rapport du Sénat, publié en juin 2023, qui révèle le manque d’approche genrée en matière de santé au travail. En conséquence, la prévention de la santé des femmes au travail ne peut s’appliquer correctement. Pour aider les entreprises à mieux orienter leur programmes de prévention, VerbaTeam publie un livre blanc. Dans cet ouvrage, ce spécialiste de la prévention santé en entreprise passe en revue les clichés à défaire au sujet de la santé des femmes au travail. 

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Femme travaillant dans un laboratoire de recherche pharmaceutique © Gaël Kerbaol / INRS

Une politique différenciée

« Aujourd’hui, les entreprises doivent aborder la question de la prévention santé en fonction de l’impact des risques professionnels sur les hommes et les femmes. Dans le cas contraire, elles risquent de creuser des inégalités existantes et d’avoir des programmes de prévention incomplets qui n’apportent pas les résultats attendus. Une politique différenciée aura bien plus de poids et d’efficacité car elle prend en compte la réalité de chacun. Il y a cependant un équilibre à trouver afin d’aborder les sujets de manière équitable entre les hommes et les femmes et ceci au bénéfice de tous », indique Géraldine Mandefield, dirigeante et fondatrice de VerbaTeam. 

Un suivi de santé insuffisant

Premier cliché, nombreux sont ceux qui pensent que les femmes bénéficient d’un meilleur suivi de santé que les hommes. Et ce, en raison des grossesses et des contrôles gynécologiques annuels. En réalité, les femmes ont plutôt tendance à se négliger : une étude d’AXA Prévention de 2021 montre que 81 % d’entre elles font passer la santé de leurs proches avant la leur et repoussent le moment de consulter. 

Un risque élevé de maladies cardiovasculaires

Autre idée reçue, certains estiment que les femmes souffrent moins de maladies cardiovasculaires que les hommes. Parmi les raisons, elles consommeraient moins de tabac et d’alcool que les hommes et seraient protégées par leurs hormones. Or il faut savoir que les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité chez les femmes en France : 200 femmes meurent chaque jour de maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, les signaux d’alerte d’un accident cardiaque chez les femmes s’avèrent atypiques. Ainsi les premiers symptômes d’un infarctus peuvent-ils être plus difficiles à déceler. Un retard de diagnostic diminue alors les chances de survie.

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Infirmière au lit d’un patient équipée d’un masque © Patrick Delapierre pour l’INRS

De nombreux facteurs de pénibilité

Parmi les autres stéréotypes, nombreux considèrent que les femmes exercent des métiers moins pénibles que les hommes et sont donc moins exposées aux accidents et aux maladies professionnelles. Selon le Haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est tout l’inverse. Dans un rapport publié par le Sénat sur la santé en juin 2023, 60 % des femmes souffrent de trouybles musculosquelettiques (TMS). De même, ce rapport recense trois fois plus de signalements de souffrance psychique chez les femmes. Et c’est sans compter les violences (agression, harcèlement, Violences Sexistes et Sexuelles) subies au travail pour 20%  d’entre elles.

Hausse des accidents du travail

Entre 2001 et 2019, l’Association nationale de l’amélioration des conditions de travail (Anact) a constaté une baisse de 27,2 % des accidents du travail chez les hommes et une hausse de 41,6 % des accidents du travail chez les femmes sur la même période. En cause, le rapport cible les secteurs de la santé, de l’action sociale, du nettoyage, du travail temporaire, des services de commerce et de l’industrie alimentaire.

Une omerta sur les règles douloureuses

Outre les clichés, les femmes font encore l’objet de nombreux tabous, en particulier en ce qui concerne le cycle menstruel et l’endométriose. De nombreuses femmes souffrent de règles douloureuses qui peuvent les empêcher de travailler correctement. De même, la ménopause reste trop peu abordé dans le monde de l’entreprise. Pourtant, elle concerne environ 500 000 femmes chaque année et 14 millions de femmes en France, selon un rapport du Sénat.

Ségolène Kahn


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