Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risques industriels et environnementaux

Marché de la sécurité en France : un dynamisme réel, tous secteurs confondus

Entre développements technologiques continus, applications en nombre exponentiel et demandes croissantes, le marché de la sécurité pose les bases de son avenir. Regards croisés sur les potentiels, contraintes et enjeux du marché français.

Une approche française…

Dynamique et innovant, mais aussi atomisé et complexe… Comment qualifier le marché de la sécurité en France ? Commençons par évoquer certains atouts, au sujet, notamment, de la vidéo : « Si on voulait définir une approche française de la sécurité, il faudrait valoriser le niveau d’exigence technique, souligne Jean-Denis Cazaux, PDG de Bosch Security Systems France. C’est un point qui différencie notre pays de l’Angleterre, par exemple, où les choix quantitatifs ont pris le dessus. À tel point qu’en matière de vidéosurveillance, à peine 25 % des images qui y sont enregistrées sont exploitables. » Des qualités techniques, mais aussi d’exploitation, comme le précise le Préfet Alain Rondepierre, président du Salon Milipol : « Dressons un comparatif entre les systèmes de vidéosurveillance utilisés en Angleterre et en France. Pour des technologies similaires, les usages sont complètement différents. Outre-Manche, les images servent à des besoins d’enquête, d’exploitation a posteriori. En France, la vidéosurveillance permet de gérer l’événement et d’intervenir sur cet événement. » Autant de qualités qui révèlent un dynamisme réel, tous secteurs confondus, mais qui ne comblent par un retard certain en matière d’équipement. Par rapport à ses voisins européens, Angleterre et Allemagne en tête, le parc sécuritaire français semble bien sous-dimensionné : moins de 10% des foyers sont équipés en système d’alarme, la vidéosurveillance reste majoritairement dédiées aux applications professionnelles et la répartition sectorielle du contrôle d’accès révèle des disparités importantes.

Surveillance humaine : un secteur mieux structuré

La surveillance humaine bénéficie de conditions plus favorables à son essor et à sa reconnaissance que la sécurité électronique, comme en témoigne Francis Serrano, directeur marketing et développement stratégique chez Securitas Alert Services : « C’est un marché qui continue à croître et surtout à se structurer, notamment avec la mise en place du CQP (Certificat de qualification professionnelle), ticket d’entrée dans le monde de la télésurveillance et la surveillance humaine. Le CQP permet non seulement de sélectionner les bons professionnels, mais aussi d’assurer un minimum de formation aux agents, car la qualité de service et le comportement jouent un rôle de plus en plus important. C’est un marché également favorisé par le développement des partenariats Public-Privé (PPP). »

Standardisation, convergence et centralisation : vers un dialogue plus ouvert

La vidéosurveillance, le contrôle d’accès et l’intrusion cheminent vers un objectif majeur : l’interopérabilité des équipements et la centralisation de l’exploitation. Ce n’est pas un fait nouveau, mais les initiatives en faveur de solutions technologiques ouvertes semblent désormais trouver un écho significatif. Compatibilité des systèmes de sécurité, standardisation des équipements, simplification des tâches et déploiement de services additionnels, telles sont les conditions du développement. En effet, les opportunités de croissance résident dans l’élaboration d’un dialogue entre les technologies et donc, entre les intervenants du marché. Si les efforts des constructeurs pour trouver des solutions ouvertes se dessinent (forum ONVIF en vidéosurveillance, normalisation du protocole RS485 en contrôle d’accès), la solution technique est encore loin. Du fait de l’hétérogénéité des installations existantes, mais aussi parce que de tels processus de standardisation sont longs. En parallèle, la notion même de gestion de la sécurité en entreprise est encore sujette à des clivages importants : de plus en plus intégrées au réseau, les technologies de sécurité impliquent maintenant un dialogue entre services de sécurité et services informatiques. Or ce nécessaire dialogue ne s’établit pas encore sereinement… Enfin, alors que la protection des informations constitue un enjeu croissant de la sécurité de l’entreprise, le poste sûreté resteune composante sous-estimée.

Sécurité intérieure : le salon Milipol, indicateur des technologies de demain 

La 16ème édition du Salon mondial de la sécurité intérieure des états aura lieu du 17 au 20 novembre. Le Préfet Alain Rondepierre revient sur les évolutions de ce rendez-vous qui fête ses 25 ans : « Les éditions successives de Milipol témoignent de l’émergence de nouveautés d’année en année. Il est frappant de constater à quel point la technologie a investi tous les domaines de la sécurité intérieure. Dans les années 80, c’était la biométrie et la génétique, utilisées aujourd’hui. Pour la première fois en 1993 sont apparus les drones, qui se sont révélés opérationnels au salon 2005. Des technologies phares apparaissent à chaque salon et marquent les esprits. Sur les 25 dernières années, nous pouvons voir émerger quelques grandes innovations appliquées aujourd’hui à la sécurité intérieure: citons les technologies informatiques, les réseaux de transmissions de données, ouvrant les capacités de liaisons, de commandement, de coordination des forces de l’ordre ; la biométrie et la génétique, dont bénéficie la police technique et scientifique. »

Du constructeur à l’utilisateur

Phénomène en marche, la convergence des systèmes de vidéosurveillance, de contrôle d’accès et d’anti-intrusion ouvre la voie à de multiples possibilités d’exploitation. En amont, les installations se complexifient et sollicitent davantage l’expertise des bureaux d’études, la flexibilité des constructeurs, les facultés d’adaptation des installateurs. Chacun doit mettre à profit et partager ses compétences pour offrir, en aval, une exploitation rationnelle et accessible. Car la simplification des tâches constitue un enjeu de premier plan, à l’heure où les demandes des utilisateurs se diversifient. En quête de simplicité d’exploitation, les utilisateurs expriment un besoin croissant d’expertise: « Historiquement, l’approche client réside plus dans des équipements de sécurité très hétérogènes. Mais quasiment dix ans, les bureaux d’études préconisent l’interopérabilité des systèmes. À savoir une installation offrant la possibilité de communiquer avec une centrale. Par ailleurs, cette interopérabiiité doit agir à de multiples niveaux : intrusion, vidéo, interphonie, mais aussi gestion des bases de données, etc. » (Emmanuel Figueiredo, Nedap). L’autonomie est également une revendication d’un utilisateur « qui ne souhaite pas rester prisonnier d’une technologie, d’un fabricant unique, constate Jean-Denis Cazaux. D’où la nécessité, pour les constructeurs, d’associer leurs compétences et de favoriser une compatibilité des solutions techniques. De nos jours, il faut préférer l’ouverture à l’isolement. »

Marché français global de la sécurité (résultats 2008)

> Sécurité électronique

Chiffre d’affaires : 2,5 Mds€.

 

> Détection incendie 

Chiffre d’affaires : 1,3 Mds€.

 

> Autres domaines (surveillance humaine, prestations de services, etc.)

Chiffre d’affaires : 1,2 Mds€.

 

Chiffre d’affaire global : 5 Mds€.*

 

*Source : Siemens Building Technologies

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