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Santé et qualité de vie au travail

L'Ifop fait le point sur l'absentéisme en France

Selon l'institut de sondage, 4 employés sur 10 auraient été absents au moins un jour en 2016, 20% des absences auraient pu être évitées.

60 milliards d’euros, c’est le prix que les entreprises ont payé en 2016 pour l’absentéisme selon une étude du courtier en assurance Sofaxis. Si la plupart des cas sont tout à fait justifiés, pour l’Ifop qui a mené une étude pour Securex sur un échantillon représentatif de 1.291 employés, bien des absences auraient pu être évitées

10 jours d’absence pour 15% des interrogés

Pas de mystère pour expliquer les 60 milliards d’euros : selon ce sondage qui a été mené en avril 2017, le taux d’absentéisme de l’année précédente a été très élevé. C’est-à-dire que 41% des interrogés ont au moins un jour d’arrêt en 2016. Une part qui augmente à 50 % chez les moins de 35 ans. Bien sûr, la plupart de ces absences n’ont pas duré plus de cinq jours, mais pour 22% des sondés, hors congés et RTT, ces absences ont duré plus de 5 jours, voire même plus de 10 jours pour 15% d’entre eux.

Surcharge de travail et sentiment de lassitude
En cause, les raisons de santé pour 87% des interrogés ont motivé leur demande de jours de repos. Ce sont donc 13% des employés qui affirment avoir sollicité des arrêts maladie pour des raisons autres que la santé. Et ce chiffre grimpe à 21% dans les entreprises ayant entre 50 à 200 salariés. « Les motifs avancés pour ces arrêts mettent en avant l’importance du facteur humain et relationnel au travail et rendent possibles des solutions managériales préventives. » commente l’étude. Toujours est-il que 20 % des interrogés estiment qu’ils auraient pu se rendre malgré tout au travail au lieu de prendre une journée…
Parmi les raisons autres que la santé qui ont incité les interrogés à demander un arrêt de travail, prime avant tout la surcharge de travail pour 21% des sondés, vient ensuite la convenance personnelle (19%), un sentiment de lassitude et d’absence de motivation (18%) ou encore les conflits avec les supérieurs (13%). « Le reste des personnes interrogées pointe un problème qui aurait pu être anticipé en amont par le management, par de l’écoute et du dialogue,, ajoute l’étude. Ce problème a pu concerner un sentiment de non respect du droit du travail par l’entreprise (temps de travail, repos, salaire), une situation humaine conflictuelle ou des états d’âme professionnels. »

L’impact sur l’entreprise
Sans surprises, ces absences nuisent à l’entreprise mais aussi aux collègues qui doivent rattraper le volume de travail des collègues absents. Surcharges de travail, horaires décalés, changement de poste… (64%) des interrogés estiment que leur travail a pu être pénalisé par des absences de collègues. Un sentiment proportionnel à la taille de l’entreprise puisqu’il grimpe à 75% dans les entreprises de 20 à 49 salariés, « c’est-à-dire à faible effectif, où l’absence d’une personne peut avoir un impact plus fort sur l’organisation de l’activité et où il existe moins de ressources pour pallier ces absences », précise l’étude. Au sein de l’entreprise, c’est le même constat dans la mesure où 66% des personnes ayant été pénalisées par des absences de collègues reconnaissent que ces absences ont pu être préjudiciables aux performances de l’entreprise.

Ségolène Kahn

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