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Santé et qualité de vie au travail

Les vêtements de travail mal adaptés aux artisanes entravent la sécurité

Poitrine oppressée, manches trop longues, pantalons trop larges… les femmes artisanes sont souvent contraintes de porter des tenues unisexes ou masculines, inadaptées à leur morphologie, qui posent des problèmes en termes de sécurité.

Avec la mécanisation des outils de construction, la démocratisation des engins de levage et l’apparition de matériaux plus légers, le secteur du BTP se féminise à mesure que la pénibilité de certaines tâches recule. Ouvrières, techniciennes, ingénieures, conductrices de travaux, chargées d’affaires, cheffes d’entreprise, les femmes débarquent sur les chantiers ! Or, du fait de leur morphologie bien différente de celle des hommes, les tenues de protection qui leurs sont imposées par leur entreprise sont généralement inadaptées. L’occasion pour le prestataire de services textile Mewa de rappeler l’importance de proposer des tenues appropriées à ces dames.

Le BTP se féminise
On assiste clairement à une féminisation du secteur du bâtiment. D’après la Fédération Française du Bâtiment (FFB), la part des femmes dans le BTP est en constante progression, passant de 8,6% en 2000 à 11,9% en 2015. Grutières, maçonnes, carreleuses, électriciennes, peintres, ingénieures, conductrices de travaux… désormais, la gent féminine est présente dans 32 métiers du bâtiment à tous les niveaux de responsabilité. Un atout pour les entreprises qui les embauchent et peuvent ainsi mettre en avant une vision plus progressiste axée sur la parité.

Du machisme dans le workwear ?
Mais les vêtements de travail ne suivent pas forcément le progrès et les entreprises ont tendance à imposer des tenues soi-disant unisexes qui, en réalité, sont taillées pour les morphologies masculines. « Les vêtements de travail pour les femmes présentent une coupe différente de celle des modèles masculins. Ils doivent remplir leur fonction de protection dans chaque situation mais aussi offrir un certain confort » rappelle Philipp Mell, directeur de Mewa France.

Un manque de confort
Poitrine plus développée, hanches plus larges, épaules plus étroites, jambes et bras plus courts… le corps féminin et ses courbes harmonieuses ne peut clairement pas se contenter de tenues de travail masculines. D’un point de vue purement logique, ces coupes constituent une vraie béquille pour les femmes qui les portent. « Une femme, qui travaille huit heures par jour tout comme son homologue masculin, a besoin d’une tenue qui répond à ses besoins de confort et de fonctionnalités. Il n’y a que dans ces conditions qu’elle peut travailler de façon productive », commente Philipp Mell.

Des risques en plus
Outre le confort et la liberté de mouvement, une tenue mal adaptée représente également un risque en termes de sécurité : les vêtements masculins sont trop larges, ils créent un effet de volume qui encombre les gestes et postures de l’opératrice. Empêtrée dans un pantalon trop ample, elle risque de tomber ou de trébucher. De même, la longueur des manches ou la carrure, lorsqu’elle est inadéquate, génère un surplus de tissu susceptible de s’accrocher à des portes ou de se coincer dans des machines. Quant aux chaussures de sécurité trop larges, elles ne tiennent pas convenablement la cheville, qui risque alors de se tordre.

Les fabricants rectifient le tir
Heureusement, certains fabricants de workwear, tels que Cepovett, Chatard, Fashion Securité, Honeywell, Lafont, Lemaître, Rentokil-Initial ou encore Uvex, ont pris conscience de la nécessité de concevoir des tenues de travail spécifiquement pour la morphologie des femmes. Dans ce sillage, Mewa a également développé la collection Dynamics, entièrement dédiée aux artisanes. De la blouse au pantalon, le prestataire fournit un vestiaire complet avec des coupes cintrées à la taille, correctement ajustées aux épaules et, au contraire, plus évasées au niveau de la poitrine et des hanches.

Ségolène Kahn

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