Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Santé et qualité de vie au travail

Les TPE et PME seraient-elles plus exposées aux risques professionnels ?

Vibrations, postures pénibles, risques cancérogènes… Selon une étude de la Dares, les employés de petites structures seraient davantage soumis au facteurs de pénibilité que dans les plus grandes entreprises.

Une nouvelle étude de la Direction de l’animation, des recherches et des statistiques (Dares) du ministère du Travail soulève la question de savoir si la taille de l’entreprise peut avoir une incidence sur la qualité de vie au travail. Cette enquête compare les expositions aux risques professionnels des salariés des TPE (de 1 à 9 salariés) et des PME (de 10 à 49) à celle d’établissements plus grands (plus de 50), tous secteurs confondus. Une comparaison qui révèle que les salariés des TPE sont plus exposés aux facteurs de pénibilité que dans les grandes structures.

Les TPE-PME exercent des métiers difficiles

Pas de répit pour les salariés de TPE-PME qui sont exposés à des postures pénibles plus de deux heures par jour (contre 25% pour l’ensemble des salariés). Pour expliquer ce fait, les chercheurs estiment que la typologie des métiers y joue un rôle, la plupart des entreprises de cette taille exerçant dans des secteurs difficiles tels que l’agriculture ou le BTP. De même du côté de l’exposition aux vibrations, les salariés des TPE sont 18 % à être soumis à celles qui sont transmises par les machines et les outils, contre 12 % de l’ensemble des salariés et à peine 7% dans les entreprises de plus de 500 salariés. Même son de cloche en ce qui concerne le risque routier puisque 20% des salariés de petite structure conduisent plus de deux heures par jour sur la voie publique, contre 12% dans les grands établissements.

Moins de protection, plus de risques cancérogènes

Autre fait plus préoccupant encore, les employés des petites structures sont plus exposés aux agents chimiques cancérogènes (13% contre 10% pour l’ensemble). En cause, la Dares pointe du doigt le manque d’équipements de protection collectifs et individuels qui devraient impérativement mis à disposition des employés. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : parmi les salariés de TPE exposés à ces agents, 34% n’ont ni protection collective ni protection individuelle (contre 24% dans les entreprises de plus de 200 salariés). Pour expliquer ce fait, les chercheurs soulèvent le fait que les TPE-PME sont soit trop peu informées au sujet de la prévention, soit pas assez conscientes du danger, quand elles n’ont tout simplement pas les moyens financiers d’investir dans des EPI de qualité.

Une meilleure atmosphère de travail

Si les risques physiques sont élevés dans les petites structures, il n’en demeure pas moins que les salariés y subissent moins de pressions organisationnelles – et donc de risques psychosociaux. En raison à cela, les cadences sont moins intenses que dans les établissements plus importants : 22% dans les TPE contre 36 % dans les grandes entreprises. En d’autres termes, l’atmosphère de travail y est plus chaleureuse et conviviale que dans les grandes structures.

Ségolène Kahn

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