Les agressions contre les sapeurs-pompiers en nette progression

Entre 2015 et 2016, les agressions sur les pompiers ont augmenté de 17,6 %. Le phénomène progresse de manière disproportionnée par rapport au nombre d’interventions – lequel est passé de 4.453.257 à 4.542.357 (soit 89 100 de plus), ce qui équivaut à une légère hausse de 2%. Pourtant, en 2016, c’est bien cinq sapeurs-pompiers qui ont été agressés toutes les 10.000 interventions (0,6 point de plus par rapport à 2015). Soit un total de 1.939 agressions en 2015 (pour 1.185 journées d’arrêt de travail) contre 2.280 agressions en 2017 (pour 1.613 journées d’arrêt de travail). Ces chiffres, fournis par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise, une branche du ministère de l’Intérieur, puis compilés par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), se basent sur les remontées d’information des Service départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Et ils ne sont pas exhaustifs. Conséquence : en 2016, les 2.280 déclarations d’agressions de sapeurs-pompiers ont donné lieu à 1.613 journées d’arrêt de travail (soit 0,7 journée d’arrêt par agression), ce qui représente 31,1 % de plus par rapport à 2015. Avec 483 jours d’arrêt de travail, la région Grand Est est en tête du classement, suivie de près par la région Provence-Alpes-Côte D’Azur (436 jours d’arrêt prescrits), la région Hauts-de-France (227 jours)et la région Occitanie (125 jours).

La région la plus touchée est celle où les victimes portent le moins plainte

Fait marquant, seuls 58,6 % de l’ensemble des sapeurs-pompiers agressés en 2016 ont porté plainte. Un taux qui a baissé de 6,4 points par rapport à 2015. Dans le détail, trois régions en particulier présentent un taux de plainte au-delà de 75%. À savoir, la région Île-de-France (90,4%), la région Pays-de-la-Loire (78,9%) et la Bretagne (76%). Paradoxalement la Bretagne est l’une des régions les moins touchées par le phénomène des agressions de sapeurs-pompiers, avec la Corse (qui n’a pas déclaré d’agression de sapeurs-pompiers en 2016). De son coté la région Auvergne-Rhône-Alpes enregistre une baisse du nombre de déclarations de pompiers blessés en intervention par rapport à l’année précédente (-29,3%, soit 125 déclarations d’agressions de moins dans cette région). À l’inverse la région Nouvelle-Aquitaine obtient la triste palme du taux d’agression le plus élevé en 2016 (11,3 pour 10.000 interventions) tout en présentant un taux de plainte inférieur à 10% (6,9 %). Cette dernière région est d’ailleurs celle qui connaît l’évolution la plus importante du nombre de pompiers blessés en intervention, avec un nombre de déclarations qui est passé de 132 en 2015 à 406 en 2016, soit une augmentation de 207,6 %. L’ONDRP nuance toutefois cette information : l’augmentation constatée peut être due à une meilleure remontée des informations.

Les sapeurs-pompiers de la région Nouvelle-Aquitaine sont
les plus souvent agressés. Mais ils portent le moins souvent plainte.
© Sdis 64
Les sapeurs-pompiers de la région Nouvelle-Aquitaine sont
les plus souvent agressés. Mais ils portent le moins souvent plainte.
© Sdis 64

Le montant des dégradations a fortement augmenté

Par ailleurs, sur le plan matériel, ce sont 414 véhicules qui ont été détériorés en 2016 contre 284 en 2015, soit une évolution de 45,7 % en un an. Or le montant estimé par ces dégradations a fortement augmenté entre 2015 et 2016 (+ 184,3 %). Il s’élevait à 99.695 euros en 2015 pour atteindre 283.442 euros en 2016. Des atteintes aux biens qui ont fait l’objet de 275 plaintes en 2016 contre 237 en 2015, soit une évolution de 16% entre ces deux années.

Guillaume Pierre

Les sapeurs-pompiers du département de l'Oise ont été victimes
d'une violente agression lors d'une intervention en mai 2016.
© Sdis 60
Les sapeurs-pompiers du département de l’Oise ont été victimes
d’une violente agression lors d’une intervention en mai 2016.
© Sdis 60

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