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Le retour au travail après un cancer, ça se prépare

L’Institut Curie vient de sortir un livret à destination des patients, des médecins du travail et des services des ressources humaines pour aider au mieux la réintégration d’un salarié au sein de l’entreprise.

L’arrêt de travail moyen pour un cancer du sein, c’est dix mois. Dix mois qui représentent le temps du traitement – pas celui de la convalescence. Monique Sévellec, psychosociologue à l’Institut Curie et co-auteur du livret Préparer, anticiper et accompagner le retour au travail après un cancer, met en garde les patients contre un retour trop rapide à l’emploi : « La période de post-traitement est cruciale. Il faut prendre le temps de se remettre et de reprendre des forces ».

Règle numéro 1 : reprendre le travail au bon moment, pas trop tôt. Il faut ensuite prendre en compte sa fatigue physique. Selon une étude de l’Institut Curie, 61% des personnes ayant enduré un cancer se disent plus fatigables qu’auparavant. « Les patients sous-estiment souvent cette difficulté, reprend Monique Sévellec. Il leur faut admettre que leur corps a changé. »

Reprendre sa place. La psychosociologue conseille également d’effectuer une visite de pré-reprise avant le retour définitif à son poste. « L’entreprise ne les a pas attendus, explique-t-elle. Le matériel, les logiciels, certaines choses peuvent avoir changé. Il faudrait organiser des séances de réintégration ». Une reprise de contact avant le grand saut, histoire de refaire sa place. « Un échec peut être très pénalisant et entraîner de lourdes dépressions », ajoute Monique Sévellec.

Le document mis à disposition par l’Institut Curie réunit des témoignages de salariés, des conseils et des informations pratiques pour aider les patients et leur employeur à anticiper ces difficultés et à trouver les aides disponibles. « La médecine du travail et les ressources humaines ont un grand rôle à jouer, indique la psychosociologue. Et pourquoi pas, après un bilan de compétences, se diriger vers un aménagement de poste, un temps partiel, ou une formation mieux appropriée. »

Un dispositif d’accompagnement sur-mesure a également été mis en place en collaboration avec un coach professionnel dans les locaux de l’Institut. Un ou deux entretiens individuels ainsi que des ateliers en petits groupes sont ainsi étalés sur 3 ou 4 mois pendant la période de convalescence. Monique Sévellec insiste : « Dans ces ateliers, j’ai croisé de nombreuses personnes qui m’ont avoué que, fort heureusement, elles n’étaient pas retournée au travail trop tôt ! »

Caroline Albenois

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