Le pantalon de motard se met au denim sur les chantiers

Sur un chantier, il est bien souvent nécessaire de se protéger des risques de coupure et d’abrasion. Mais avec classe, c’est encore mieux ! L’inventeur Pierre-Henry Servajean s’est inspiré d’une fibre de la recherche aérospatiale pour mettre au point un tissu jean extrêmement résistant, l’Armalith. Si, à l’origine, le pantalon a été conçu pour protéger les motards férus de grande vitesse, aujourd’hui, la start-up PHP, détentrice du brevet, opère un virage serré pour viser des champs d’applications variés dans les métiers du BTP.

Un nouveau contrat avec un tisseur historique du jean
Retour en 2008, l’image avait fait sensation : un pantalon en denim pour seul cordage a permis à une grue de soulever un 4×4 Hummer. Pour la marque Esquad, une entreprise fondée par Pierre-Henry Servajean, il s’agissait de prouver la solidité déconcertante de son Armalith. « Aujourd’hui, nous venons de nouer un partenariat de cinq ans avec Royotec, un tisseur historique du denim basé à Valence en Espagne », indique l’inventeur qui se prépare à industrialiser son textile à plus grande échelle.

De nombreuses professions intéressées
Et pour cause ! Le textile intéresse un nombre grandissant d’applications. « Outre les professions de la glisse comme les riders et les bikers, des sociétés spécialisées dans la charpenterie ou dans le verre, notamment le groupe LeBon, nous ont approchés. Nous travaillons également avec le Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) et la Police nationale… », confie Pierre-Henry Servajean.

Une fibre issue de l’aérospatial
Ce tissu, dont la version 2.0 a été lancée il y a deux ans, est un concentré de technologies issues de l’aérospatial qui lui confèrent une résistance hors du commun à l’abrasion, au déchirement et à la coupure. Pour sa version la plus robuste, ce denim résiste à un frottement de 56 mètres en déboulant à 120 km/h, selon le fabricant. « L’Armalith se compose de la fibre UHMWPE, que j’ai obtenue grâce à un transfert de technologie avec EADS à Bordeaux (33), explique le fondateur. Elle constitue le noyau technique de la fibre, qui est ensuite gainée avec du coton, puis trempée dans huit bains d’indigo à la manière des techniques japonaises de jean. »

Un tissu stretch et respirant
Côté confort, la gaine de coton offre un contact avec la peau « beaucoup plus agréable que le Cordura, qui est un polyamide plastifié », précise Pierre-Henry Servajean. En plus d’être léger, le textile résiste à un millier de lavage et, grâce à son aspect stretch, il offre une grande liberté de mouvement. Pratique lorsqu’il s’agit de s’agenouiller pour ramasser un outil ou découper du carrelage…

Ségolène Kahn


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