Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

Le français Geoide Crypto&Com sécurise les opérations à risque

Cette jeune entreprise fournit des dispositifs de communication innovants pour assurer la sécurité holistique (globale) de ses utilisateurs. Ces solutions se présentent sous la forme de logiciels ou de matériels. A l'exemple de ce bracelet comportant un GPS, un module de chiffrement ainsi qu'un système de communication satellitaire. De quoi répondre aux besoins non encore couverts des forces armées ou de la sécurité civile.

En cas de crise, d’incendie mais aussi d’attaque terroriste ou de conflit, la bonne coordination des forces présentes sur le terrain est essentielle pour venir rapidement à bout du problème. Or, bien souvent, les systèmes utilisés par chacune des parties prenantes ne communiquent pas entre eux. « A titre d’exemple, l’infrastructure utilisée par les pompiers n’est pas interopérable avec celle du Samu ni avec celles de la police ou de la gendarmerie », soulève Grégory Gille, ingénieur informaticien, fondateur et président de Geoide Crypto&Com.

Basée à Besançon, cette startup réalise des solutions logicielles et hardware hautement sécurisées qu’elle commercialise auprès des forces armées françaises et de l’Otan soit en direct soit en passant par des partenaires comme Thales. Son offre comporte notamment une passerelle de communication qui permet à toutes les unités logicielles et matérielles déployées sur le terrain de communiquer leurs données au système de commandement. « Cette infrastructure hautement sécurisée prend en compte également Internet et les réseaux classés  »secret Défense » », indique Grégory Gille. Très au fait des problématiques militaires, ce dirigeant a fait une longue carrière dans l’armée de l’air avant de créer son entreprise soutenue par la Direction générale de l’armement (DGA) et de Bpifrance.

Une passerelle pour faire converger les communications du terrain vers le poste de commandement 

Sur le terrain, son logiciel est embarqué dans un caisson ou dans une baie informatique pour être installé au sein du poste de commandement, dans une salle ou dans un camion. Dès lors, toutes les informations émises par n’importe quel système déployé sur le terrain seront acheminées via sa passerelle sur un même écran. « L’interface peut être réalisée par nos soins ou par un de nos partenaires qui sait rendre intelligentes les données de chacun, à la manière d’un Google Earth, poursuit le dirigeant qui fait partie d’un club de 5 startups, à savoir Impact, Obvies, Géo4i, et Extrem-drone. « A la différence du Cluster Eden, notre enjeu n’est pas que chacun vende ses propres solutions mais plutôt de répondre ensemble à des problématiques extrêmement complexes ou difficiles. » Par ailleurs, Geoide a conçu un boîtier innovant gros comme un paquet de cigarettes dans lequel se trouve une puce cryptographique, un GPS, un module de communication satellite, une radio ainsi que des antennes. Ce prototype a été déployé sur le terrain en 2014.

Un bracelet de 350 grammes intègre GPS, antenne satellite, module de chiffrement
Testé en haute montagne ou dans le désert du Sahel mais aussi dernièrement lors d’un exercice de gestion de crise réalisé à Orléans, l’appareil baptisé « Pratic » contribue à sécuriser les opérations à haut risque. Il chiffre et géolocalise les données et les images prises à l’aide d’un smartphone, les comprime avant de les transmettre via le réseau satellite embarqué vers des destinataires, en toute confidentialité. « Des systèmes comparables existent mais de par leur taille et leur poids, ils doivent être chargés dans des sacs à dos », soulève le dirigeant qui a vu son projet retenu dans le cadre du concours i-Lab organisé par le ministère de l’enseignement. Ce boîtier se décline aussi sous la forme d’une tablette Panasonic durcie et d’un bracelet baptisé ZSF. Ces trois dispositifs peuvent bien sûr communiquer avec le système de commandement grâce à la passerelle de Geoide.
Le bracelet ZSF d’un poids d’à peine 350 grammes sera prêt dès l’été 2018 pour les applications militaires alors que la version civile sera disponible dès la fin 2017. Celle-ci est susceptible d’intéresser les pompiers ainsi que les opérateurs d’importance vitale (OIV) comme EDF, Engie, Orange, etc. Les préséries du bracelet sont terminées. Les différentes pièces qui le constituent vont être fabriquées chez des partenaires. Mais l’assemblage sera exécuté dans les locaux de Geoide. « Pour l’heure, le bracelet est à l’état de prototype » prévient ce féru de cryptographie, une matière que Grégory Gille continue d’ailleurs à enseigner à Supinfo. Ce qui lui donne l’occasion de détecter de jeunes génies qu’il prend comme stagiaires avant de les embaucher. Grâce à cette stratégie, l’entreprise devrait passer de 5 à 7 personnes l’an prochain.

Eliane Kan

Le bracelet intéresse non seulement
les militaires mais aussi les opérateurs
d'importance vitale. © Geoide
Le bracelet intéresse non seulement
les militaires mais aussi les opérateurs
d’importance vitale. © Geoide

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