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Sûreté et sécurité

Le français Ffly4u sécurise les actifs grâce à ses boîtiers électroniques

L'entreprise créée en 2015 conçoit et commercialise des boîtiers pour traquer les équipements, véhicules et autres biens susceptibles d'être volés. Ces objets sont connectés à une plateforme à laquelle ils envoient leurs données via les réseaux bas débit Lora ou Sigfox.

Les vols de grues, pelleteuses, camionnettes et autres engins coûteux font régulièrement l’actualité dans les médias régionaux. Pas plus tard que la semaine dernière, une pelle hydraulique de 18 tonnes a été volée aux alentours de Calais (Pas-de-Calais). Ce qui laisse à penser qu’il s’agit d’un méfait commis par des trafiquants spécialisés dans ce type de délinquance. S’il paraît difficile d’empêcher de tels actes, des solutions existent pour géolocaliser les biens volés et les récupérer. Parmi les fournisseurs, le français FFly4u, startup créée en 2015, vise le suivi des « actifs mobiles ». Cette expression désigne les biens (engins, équipements, marchandises, etc) estampillés d’un système électronique afin de remonter en permanence leur position vers un logiciel dédié. Cette application représente 30% des cas d’usage de l’Internet industriel des objets (IIoT). Un marché évalué à 14,4 milliards de dollars à l’horizon 2022. C’est sur ce marché que se positionne FFly4u avec une nouvelle génération de boîtiers électroniques. D’une largeur comparable à un ticket de métro, ces objets connectés ont une longueur de 13 cm pour une épaisseur de 3 cm pour un poids de 113 gr ou de 48 gr selon le modèle. Particularité de ces boîtiers en résine haute résistance au choc conçus et produits en France, ils se fixent sur les actifs (grue, benne, conteneur, etc) de sorte à transmettre leur position à un logiciel spécialisé en IoT. Il s’agit en l’occurrence de la plateforme Thingworx de l’éditeur américain PTC qui peut ainsi être consultée par les gestionnaires des biens. Les informations transitent par les réseaux bas débit (Lora, Sigfox ou GSM) qui sont peu consommateurs d’énergie.

8 ingénieurs spécialisés en IoT
Ce qui permet aux boîtiers d’avoir une autonomie satisfaisante pour envoyer leur position, date et heure mais aussi des informations supplémentaires sachant qu’ils peuvent embarquer un capteur de température, un accéléromètre, des puces NFC (Near Field Communication) et Bluetooth. Le système fonctionne à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments. En cas de sortie non autorisée d’un bien sur une zone définie, il peut d’ailleurs envoyer une alerte grâce au Geofencing. « A titre d’exemple, en envoyant deux fois par jour des informations relatives à la position GPS, le suivi de température et de mouvement, l’autonomie peut s’élever entre 5 et 7 ans », fait valoir Olivier Pagès, le président de l’entreprise. Ce dirigeant est issu du milieu de la Supply Chain. Il était directeur général adjoint de LPR, un spécialiste des emballages réutilisables et fondateur de Pick-And-Go, un loueur de palettes logistiques en plastique. Olivier Pagès s’appuie sur une équipe de 10 personnes dont 8 ingénieurs spécialisés notamment dans le logiciel embarqué, les cartes électroniques et les plateformes Web IoT.

700.000 euros levés en 2015

Pour financer le développement de son offre disponible sur abonnement mensuel, l’entreprise a levé à sa création en 2015 la somme de 700 000 euros auprès d’Irdinov, le fonds d’investissement toulousain. Un an plus tard, la jeune entreprise obtenait deux trophées, celui d’« Industries digitales » décerné par notre confrère l’Usine Nouvelle et « Objets connectés » organisé par l’IT Night. En 2017, l’entreprise compte parmi les nominé aux ROIS de la Supply Chain pour des tourets connectés. Il s’agit de grosses bobines qui servent au transport et à la pose des câbles. Convoités par les voleurs de cuivre, on déplore chaque année la perte de 300 tourets par an sur les chantiers où intervient Nexans, le fabricant de câbles électriques. Ce dernier a fait appel à FFly4u pour équiper 80 tourets de ses boîtiers. De quoi les mettre sous surveillance. Grâce à une application mobile, la bobine indique la longueur de câble restant et demande, quand c’est nécessaire, son enlèvement par le camion en charge de livrer de nouveaux tourets. Cette application devrait entraîner des gains supérieurs à 1 million d’euros par an, sachant que, jusqu’à présent, la collecte des tourets vides nécessite 1.000 camions complets chaque année. Plusieurs pilotes ont été déployés en 2016 et en 2017. Pour ce premier trimestre, pas moins de 2.000 produits environ ont été déployés notamment chez des logisticiens pour sécuriser la marchandise. C’est notamment de Kuehne+Nagel, Daher ou Geodis. Mais aussi chez des industriels comme Butagaz qui cherche aussi à tirer profit des informations transmises par ces boîtiers.

Eliane Kan

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