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Santé et qualité de vie au travail

Laurence Saunder (Consult'in France) : « Santé au travail : des effets bénéfiques aux multiples impacts »

Interview de Laurence Saunder, vice-présidente de Consult'in France et dirigeante d'Uside, anciennement Institut français d'action sur le stress (IFAS). Elle considère que la santé des salariés est un gage de productivité.

En quoi, selon vous, la santé au travail engagerait-elle un cercle vertueux pour l’entreprise ?

Les recherches scientifiques, notamment celles qui sont menées en psychologie positive, démontrent que les effets bénéfiques de la santé au travail ont de multiples impacts. Une bonne qualité de santé contribue au bien-être des salariés, améliore la productivité et la qualité des produits, participe à renforcer l’image et la réputation de l’entreprise, ou encore à réduire l’absentéisme (baisse du nombre de jours d’arrêt maladie). La santé au travail fait également baisser certains coûts (moins malades, les salariés sont moins souvent absents), développe la coopération et l’efficacité collective et favorise l’adaptabilité (vision plus globale, créativité, innovation….).
Donc la santé au travail devient une condition sine qua non à la productivité…
Ce n’est malheureusement pas une évidence pour les dirigeants d’entreprises françaises. Les programmes de prévention ou de promotion de la santé devraient être considérés comme des investissements (à moyen ou long termes) et non pas uniquement comme des « dépenses » ou centres de coût. Là encore, les recherches ont pu ainsi mettre en évidence ces effets bénéfiques et, qui plus, est un bon ROI (retour sur investissement) !
Connaissez-vous des entreprises qui, en favorisant la santé au travail, ont pu réellement augmenter leur ROI ?
Deux études illustrent ce fait. A savoir celle de Golaszewski qui, à partir d’une douzaine d’études, a mis en évidence la réduction des coûts de soin de santé et de l’absentéisme suite à la mise en place de programmes de prévention. Citons aussi Ozminkowsk qui a réalisé des études de rentabilité pour calculer le ROI, notamment chez Visa Desjardins, le plus important groupe financier coopératif canadien. Ce programme mené sur trois ans a contribué à une baisse de l’absentéisme de 28% et du taux de turnover de 54%. Pour chaque dollar investi par cet employeur, le rendement a été évalué à une fourchette allant de 1,50 à 3 dollars. En résumé, les résultats des recherches font état de ROI variant de 1.50 dollars à 8 dollars pour chaque dollar investi dans des programmes de promotion de la santé dans les cinq ans suivant leur lancement. Au pays de Descartes où nous sommes attachés aux preuves, ces études réalisées dans des pays anglo-saxons devraient nous conforter dans la nécessité de mettre en place des politiques en faveur de la qualité de vie au travail, pour une meilleure productivité et une meilleure efficacité.

Ségolène Kahn

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