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Sûreté et sécurité

L’AN2V déconseille les caméras thermiques pour la prise de température

C’est toute une polémique qui prend fin avec le rapport de l’Association nationale de vidéoprotection (AN2V). Le Covid-19 demeurant une infection asymptomatique, celle-ci s’est prononcée contre la prise de température par caméra thermique.

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L’AN2V doute de l’efficacité des caméras thermiques dont les réglages initiaux ne sont pas supposés mesurer la température des personnes.
© Image Pixabay

Des caméras thermiques pour mesurer la température et détecter les malades du Covid-19 ? Une fausse bonne idée selon l’Association nationale de vidéoprotection (AN2V). L’occasion aurait été trop belle pour les acteurs de la vidéosurveillance de profiter de la pandémie pour commercialiser leurs solutions. Et pourtant, se ralliant à l’avis du Haut conseil de la santé publique (HCSP), l’organisme vient d’émettre un « avis  défavorable sauf exception précise ». Au terme d’une enquête de trois semaines, l’association a condamné la télé-mesure de la température en matière de contrôle d’accès. 

La fiabilité des caméras mise en doute

Tout commence fin avril, lorsque le HCSP se trouve saisi par la Direction générale de la santé. Il est le premier à déconseiller la vidéosurveillance, comme moyen de dépistage de la population. Il considère que la prise de température via une caméra thermique « n’apparaît pas comme une mesure fiable pour repérer les personnes infectées par le virus SARS-CoV-2 et en éviter sa diffusion ». 

Une cinquantaine d’enquêteurs

Détecter dans la foule ou en entreprise, les personnes atteintes du virus grâce au système de vidéosurveillance… L’idée a bien sûr soulevé une vague de polémique. En conséquence, l’AN2V a constitué un groupe de télétravail rassemblant une cinquantaine de personnes, dirigeants et collaborateurs. Issus de sociétés de la filière des industries de sécurité, ils ont planché durant trois semaines sur la question. 

Des données épidémiologiques

Le 7 mai, l’association a transmis aux autorités de la filière son rapport d’étude. En se basant sur des données épidémiologiques ainsi que des textes juridiques, les enquêteurs ont émis plusieurs arguments. Tout d’abord, ils estiment qu’il ne faut pas faire confiance à la vision thermique des caméras. Sachant que les réglages de leur sensibilité n’ont pas été programmés pour mesurer la fièvre. Et quand bien même, il ne faut pas considérer la fièvre comme une condition sine qua none du virus. 

Des malades sans fièvre

Car de fait, cette infection s’avère asymptomatique ou paucisymptomatique, c’est-à-dire qui présente peu de symptômes. Ainsi, la fièvre ne se manifeste pas de manière systématique chez les malades. Et c’est sans compter que le portage viral peut naître jusqu’à deux jours avant le début des signes cliniques.

En particulier chez les personnes âgées

Pour appuyer ce fait, le HCSP souligne que « dans un cluster de personnes âgées en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), la fièvre n’a été constatée que chez 4,3% des cas confirmés », et que « dans une série de 80 patients infectés, 15% seulement des patients étaient fébriles à l’admission ».

Gare aux données personnelles

Autre argument, le rapport redoute l’impact social de telles mesures. En raison du fait qu’elles risquent de provoquer une stigmatisation des populations. Quant à obtenir le consentement de chaque personne pour la prise de température… L’opération pourrait vite relever de l’impossible pour respecter les données personnelles de chacun.  

Ségolène Kahn

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