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Sûreté et sécurité

La filière française du drone vole au secours des sites sensibles

La France fait partie des pays phares en matière de drones et systèmes anti-drones. Ces derniers recourent à des technologies de pointe comme la détection par radiofréquence ou par radar pour repérer et neutraliser des aéronefs malveillants.

« Les solutions antidrones et la surveillance aérienne de site sensibles constituent des axes de développement importants pour la filière drone », lance Jean-Philippe Bonhomme, directeur du cluster Drones Paris Région.

Ce pôle d’Innovation de la filière drones professionnels en Île-de-France compte près de 60 adhérents dont des ténors comme Thales et Engie, des PME et startup spécialisées dans la conception et la construction de drones, ainsi que des centres de formation et de recherche.

La semaine dernière, ce cluster s’est illustré en organisant « Drones Paris Région Expo », le premier salon professionnel des drones en Île-de-France. La manifestation s’est déroulée du 27 au 29 septembre au centre d’essais en vol à Brétigny-sur-Orge (Essonne), où étaient rassemblés un pavillon d’exposition, un espace de vol In-door et un espace de vol Out-door. Une première en France.

Contre les survols non autorisés

Des milliers de visiteurs s’y sont déplacés pour découvrir l’offre de 92 exposants. L’occasion pour Engie de dévoiler ses drones de surveillance aériens et terriens pour la protection des sites.

Egalement présents, Thales, ADP et CerbAir étaient venus, quant à eux, présenter des solutions anti-drones. « Ces technologies en pleine évolution répondent au besoin des centrales nucléaires et autres lieux sensibles qui ont fait récemment l’objet de survols non autorisés », souligne le directeur du Cluster Drones Paris Région.

En France, le développement de ces technologies a été impulsé par les pouvoirs publics après le survol non autorisé non seulement de centrales nucléaires et de sites miliaires mais aussi du palais de l’Elysée en 2015. Trois ans plus tard, la France figure parmi les pays les plus avancés, tant en matière de drone que de protection anti-drones. Lesquelles s’appuient notamment sur des technologies de détection par radiofréquence et par radar.

Des solutions anti-drones allant de 2 km à 5 km

Parmi les exposants ayant répondu à l’appel lors de ces journées franciliennes, Thales avec sa solution Aveillant, du nom de l’entreprise qu’elle a achetée en 2017. Cette offre est basée sur le radar holographique Gamekeeper, une technologie 3D qui détecte, traque et classifie les mini drones sur une distance de cinq kilomètres – 10 kilomètres en 2019. Actuellement, la solution Aveillant est testée sur l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle en collaboration avec ADP.

Egalement présente sur le salon du drone, Cerbair compte parmi les startups françaises les plus avancées en matière de solutions anti-drones. Créée en 2015, cette jeune pousse détecte des drones sur une distance de plus de 2 km grâce sa technologie d’analyse radiofréquence qui s’étend de 400 MHz à 5,8 GHZ. De quoi localiser le pilote et son drone en temps réel. Une fois l’appareil détecté, l’opérateur peut déclencher les procédures de sécurité adaptées à son site pour neutraliser la menace.

Sélection de systèmes anti drones

L’offre de CerbAir figure d’ailleurs dans le guide pour la protection des sites Seveso et sites industriels sensibles réalisé par le Conseil des industries de la confiance et de la sécurité (CICS), en collaboration avec les associations professionnelles, l’État et le pôle de compétitivité Safe. Publié cette année, cet ouvrage téléchargeable sur internet présente l’offre française en matière de détection d’armes et d’explosifs, mais aussi de détection de comportements anormaux, tout en recommandant aux responsables de sites d’avoir une approche raisonnée et raisonnable.

Parmi les risques auxquels ils doivent se prémunir figurent le vol d’équipement, les sabotages logiques ou physiques, les déclenchements de catastrophe, les attaques terroristes visant à stopper les installations… Sans oublier les survols ou attaques par vecteurs aériens d’aéronefs pilotés ou drones. En réponse à cette menace, le guide référence deux autres entreprises françaises, à savoir CS et MC2 Technologies (acronyme de Microwave Characterization Center).

Cette dernière se distingue par son brouilleur de drones qui se manipule comme un fusil. « Notre système émet des ondes hyperfréquences qui ont pour effet de brouiller la communication entre le pilote et le drone, les empêchant ainsi de communiquer entre eux », résume Antoine Gryczka, directeur commercial de l’entreprise. Une technologie de brouillage prometteuse, bien que soumise à autorisation.

Eliane Kan

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