Incendie : comment anticiper les conséquences d’un sinistre dans son entreprise ?

Incendie, malveillance, catastrophe naturelle… aucune organisation n’est à l’abri d’un accident grave. En ce sens, mieux vaut prévenir que guérir : la fédération Ingénieurs et scientifiques de France (IESF) vient de publier un ouvrage à l’égard des entreprises afin de les aider à se préparer aux conséquences d’un éventuel sinistre. Et ce, en élaborant un Plan de continuité d’activité (PCA). A destination des patrons d’entreprises et plus particulièrement des PME-PMI, ce cahier décrit les étapes à suivre, son coût, ce qu’il doit contenir en priorité et comment le réaliser afin d’anticiper les décisions à prendre et les actions à mettre en place. D’autant que selon l’IESF, cette démarche pourrait tout à fait être considérée comme un atout commercial, un gage de sécurité vis-à-vis des donneurs d’ordre. «En outre, l’assureur peut prendre en compte l’existence d’un PCA pour améliorer certaines clauses particulières », souligne le cahier.

Retour sur deux exemples concrets
Tout d’abord, l’ouvrage met en garde les patrons contre les conséquences d’un sinistre qui sont susceptibles de devenir dramatiques : d’une simple interruption d’activité sur quelques jours, un accident peut conduire une entreprise à mettre la clef sous la porte. Outre les dommages financiers générés par les pertes de recette en cas d’interruption de l’activité, le cahier rappelle aussi que les conséquences « peuvent se traduire par une perte de confiance des clients mise à profit par la concurrence, une image de marque écornée… » Du coup, et afin d’aider les chefs d’entreprise à se rendre compte des démarches à suivre pour élaborer leur PCA, l’ouvrage met en scène deux scénarios : celui d’un imprimeur de presse et celui d’un site de production d’une entreprise leader dans la fabrication de produits alimentaires grand public qui a subi un incendie criminel.

Des tests obligatoires
Une fois le chef d’entreprise convaincu du bien-fondé de cette démarche, l’ouvrage entre dans le vif du sujet : quels sont les produits essentiels à maintenir sur le marché́, quel est le délai limite de reprise d’activité́, quelles sont les contraintes réglementaires et contractuelles à respecter, etc. Il souligne également dans cette première étape, le rôle déterminant de la direction générale. Laquelle est, en effet, l’entité la mieux placée pour connaître le fonctionnement de l’entreprise, ses tenants et ses aboutissants, ses moyens humains, techniques, financiers, documentaires, juridiques, etc. Le but étant non pas d’élucubrer sur toutes les catastrophes possibles mais d’échafauder les scénarios les plus crédibles.
Vient ensuite la phase de tests. Comme le rappelle le cahier : « Un PCA non testé n’a aucune valeur ». Sans pour autant mettre en péril l’entreprise en prenant des risques inconsidérés, pour l’IESF, cette phase, qui consiste à réaliser des simulations d’un éventuel accident, est la partie la plus importante et souvent aussi la plus négligée. Par ailleurs, cette démarche doit être effectuée régulièrement en fonction de l’évolution de l’entreprise. Enfin, l’ouvrage rappelle que « un PCA doit être considéré comme confidentiel (et même stratégique pour les opérateurs d’importance vitale), car il dévoile les points forts et faibles de l’entreprise ainsi, éventuellement, que sa stratégie ».

Ségolène Kahn


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