Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

Ifsec International : un salon sur la sécurité... dans l'ombre du Brexit

Vidéosurveillance, contrôle d'accès, sécurité intelligente, cybersécurité... les quelques 650 exposants d'Ifsec International comptent dévoiler plus de 10.000 nouveautés ou innovations aux 27.000 visiteurs attendus du 20 au 22 juin au parc des expositions ExCel de Londres. Dans la perspective du proche Brexit, un nouvel espace est ouvert : Borders & Infrastructure Expo.

Du 20 au 22 juin, le parc des expositions ExCel de Londres va accueillir près de 27.000 visiteurs venus découvrir au salon Ifsec International, organisé par UBM, plus de 10.000 nouveautés et innovations en matière de sécurité et de sûreté. Lesquelles se répartissent dans les différents univers de la sécurité qui constituent autant d’espaces d’exposition : vidéosurveillance, contrôle d’accès, sécurité intelligente, cybersécurité. Auxquels se rajoute un espace consacré à la thématique des  »frontières et des infrastructures », notamment en raison du proche Brexit. Ainsi qu’un autre espace dédié aux installateurs professionnels de systèmes de sécurité. Rappelons que ce salon se déroule en même temps et sur le même parc que les expositions Safety and Health Expo (sécurité et santé au travail), Professional Clothing Show (habillement professionnel), Facilities Show (Facility Management), Field Service Management Expo (gestion de services sur site) et Firex International (sûreté et lutte contre l’incendie). Au total, 45.000 visiteurs devraient fréquenter ces salons durant ces trois journées. 

650 exposants attendus pour Ifsec International

Parmi les 650 exposants d’Ifsec International, citons de grands noms comme Assa Abloy, Avigilon, Axis Communications, Axxess Identification, Bosh Security Systems, Daewoo, Dahua Technology, Flir, Genetec, HID Global, Hikvision, Honeywell, Huawei, Idis, IndigoVision, Milestone Systems, Mobotix, Pacom, Panasonic, Tavcom, TDSI, Zenitel Group… Certes, une majorité d’exposants sont d’origine britannique (2CL Communications, 2020 Imaging, AES Global, Bull Proucts, BT Redcare, IndigoVision, TDSI…). On note aussi un grand nombre d’acteurs chinois (5Eleme Hi-Tech Corporation, Beijing Landwell ElectronTechnology, Beijing Fibridge, Bluecard Technologies, Hickvision, Dahua Technology…), coréens (3R Global, 4Nsys, Hanwha Techwin…), taïwanais (3S Pocketnet, A-MTK, Brickcom, Vivotek…), japonais (Panasonic, Sony…) et américains (AES Corporation, Flir, Honeywell, Parabit Systems…). Cependant, l’on compte aussi des sociétés françaises comme Acoba (France), Castel (France), STid (France), Til Technologies (France) qui ont fait le déplacement jusqu’à Londres.

 

Vers des systèmes ouverts ou propriétaires ?
Selon une étude de marché réalisée par Ifsec Global et sponsorisée par Idis, 56% des systèmes de vidéosurveillance installés sont propriétaires tandis que 44% sont basés sur des plates-formes ouvertes. Pourtant, le mouvement semble être bien engagé : les fournisseurs sont de plus en plus nombreux à abandonner les systèmes propriétaires au profit de systèmes ouverts. D’ailleurs, 48% des installateurs intègrent ou prévoient d’intégrer la vidéosurveillance à d’autres grandes fonctions de sécurité dans le cadre plus général d’une valorisation des données de l’entreprise, y compris celles provenant des objets connectés [Internet of Thing (IoT)]. « Les systèmes propriétaires vont rester en place surtout au travers de petites applications intégrées. Lesquelles permettent déjà, grâce au standard ONVIF, de s’intégrer à d’autres systèmes de sécurité, dont le contrôle d’accès, explique Brian Song, directeur d’Idis Europe. A l’opposé, les plates formes ouvertes vont se développer dans le cadre d’applications de plus grande envergure. » 
Sécurité connectée
Pour l’américain Honeywell, qui expose simultanément à Ifsec et Firex, cela ne fait aucun doute : l’écosystème connecté, en pleine croissance, ainsi que les technologies intelligentes installées dans les bureaux et les habitations génèrent et analysent d’énormes quantités de données en temps réel. De quoi prendre des décisions plus éclairées et plus rapidement. Avec son nouveau portefeuille de solutions de vidéo IP, les employés sont informés 24h/24 du statut de leur système et avertis immédiatement lorsqu’une alarme se déclenche afin qu’ils puissent réagir de manière appropriée. Parmi les fonctionnalités avancées, Honeywell fournit l’enregistrement automatique et l’analyse d’images vidéo, la détection audio ainsi que l’analyse de scènes – compatibles avec les caméras ONVIF 4K Ultra HD et H.264. Ces produits sont également dotés de fonctionnalités d’investigation scientifique. Côté résidentiel, le constructeur américain présente Total Connect Box, sa nouvelle offre sans fil conçue pour l’autosurveillance de la maison connectée. Cette solution va de pair avec Total Connect Pro Manager, un outil de maintenance qui permet aux installateurs de réaliser des diagnostics à distance. 

Avec Total Connect Pro Manager, le constructeur
propose un outil de maintenance qui permet aux
installateurs de réaliser des diagnostics à distance.
© Honeywell
Avec Total Connect Pro Manager, le constructeur
propose un outil de maintenance qui permet aux
installateurs de réaliser des diagnostics à distance.
© Honeywell

Des équipements vidéo cybersécurisés
Au printemps 2016, le virus Mirai a attaqué par déni de service distribué [Distributed Denial of Service (DDoS)] le gestionnaire de noms de domaine Dyn DNS, grâce à une caméra de vidéosurveillance mal protégée. Il y avait eu un grand émoi chez les constructeurs d’équipements de sécurité. En réaction à cela, on voit apparaître des gammes d’équipements de vidéosurveillance entièrement cybersécurisées. Citons, entre autres, Panasonic qui devrait annoncer son système Secure Communication, à savoir une plateforme numérique qui chiffre de bout en bout les contenus vidéo ainsi que leur métadonnées, y compris les informations de communication entre les appareils. La valeur de preuve des enregistrements est également conservée grâce à un certificat à clé publique conçu par le géant Symantec avec une technologie de cryptage doublée d’une méthode de détection d’altération. 

La mutation du contrôle d’accès

Sur le terrain du contrôle d’accès, le marché mondial est attendu à un volume de ventes de l’ordre de 10,4 milliards de dollars à l’horizon 2020, selon le cabinet d’analyse Markets and Markets. Parmi les tendances les plus remarquables, citons la gestion dynamique des droits des utilisateurs qui permet de restreindre les zones et les périodes d’accès au juste nécessaire. Surtout, lorsque l’utilisateur perd ses clés ou son badge d’accès, il pourra avertir le service de sécurité qui invalidera immédiatement les accès. Autre évolution remarquable, le badge virtuel sur smartphone se développe au détriment du badge avec puce RFID. De même, les systèmes de reconnaissance biométriques se démocratisent avec des solutions moins onéreuses et plus faciles à intégrer, notamment aux superviseurs et hyperviseurs de vidéosurveillance. 

La plate-forme Secure Communication chiffre de bout en bout
les contenus vidéo ainsi que leur métadonnées et les informations
de communication entre les appareils. © Panasonic
La plate-forme Secure Communication chiffre de bout en bout
les contenus vidéo ainsi que leur métadonnées et les informations
de communication entre les appareils. © Panasonic

La question du Brexit
Suite aux différents attentats terroristes de Londres et de Manchester, nos voisins britanniques s’interrogent plus que jamais au sujet du Brexit et de son impact sur la sûreté et la sécurité de leur territoires. En effet, le Royaume-Uni risque de perdre l’accès à des outils collaboratifs vitaux dans un large éventail de domaines (Europol, système d’information Schengen …). A cet égard, un rapport, commandé par le réseau de sécurité London First’s Security & Resilience Network, montre que la sortie de l’UE pourrait avoir des conséquences profondes sur le gouvernement central et les collectivités territoriales du Royaume-Uni, les transports, les organismes d’importance vitale, les stades et les événements de grande ampleur, la logistique… Le Royaume-Uni est partagé entre le besoin de sécuriser ses frontières sans pénaliser le commerce international et des ressources limitées qui imposeront de cibler le plus efficacement possible les investissements.
Sous la plume d’Alison Wakefield, maître de conférences en gestion du risque de sécurité à l’Université de Portsmouth, Claire Bradley, expert en droit européen, Joe Connell, directeur de Praemunitus Ltd Intelligence & Risk Consultants et président de l’Association des consultants en sécurité, John Vine, ancien inspecteur en chef des frontières et de l’immigration, Robert Hall, directeur du London First’s Security & Resilience Network, un rapport a été rédigé pour suggérer les pistes de la stratégie de sécurité post-Brexit du Royaume-Uni. La question est d’une importance majeure. En témoigne la création du salon Borders & Infrastructure Expo, sponsorisé par l’éditeur canadien Genetec. Dans ce contexte, le secteur de la détection périmétrique devrait tirer son épingle du jeu. Les organisateurs d’Ifsec International se réfèrent aussi au fait que le marché mondial de la protection périmétrique est estimé à 21 milliards de dollars pour 2020, avec une croissance de 8% pour la période 2015-2021, d’après le cabinet d’analyse Research and Markets. Borders & Infrastructure Expo va aussi offrir des espaces de démonstration de drones.
Cybersécurité : les entreprises ne voient que la moitié du problème
En matière de lutte contre la cybercriminalité, une chose est sûre : pour se défendre, les spécialistes de la sécurité doivent se mettre dans la peau d’un pirate. Mais comment s’habituer à des failles de sécurité toujours plus dangereuses et couvertes par les médias du monde entier ? Lorsqu’une grande pandémie se déclare, « les entreprises paniquent. Elles ne regardent que l’aspect réseau des choses. Elles ne voient que la moitié du problème, souligne James Taylor, directeur du centre de Cyber Intelligence et de Sécurité. Or nous devons leur fournir l’image en entier. Qu’ils exploitent les solutions de sécurité les plus sophistiquées ou qu’ils se contentent de systèmes proactifs ou passifs, de système d’encryptage ou de pare-feux, au bout du compte, tout commence et se termine par le facteur humain. » A commencer par la menace interne. D’où la notion du passage en revue des expositions au cyber-risque qui consiste à identifier toutes les vulnérabilités potentielles. Reste ensuite à former les utilisateurs du système d’information aux mesures de sécurité non seulement au travail mais aussi dans leur vie privée. « Tout le monde oublie des étapes. Par exemple, les réseaux sociaux qu’utilisent les membres de la famille du professionnel sont autant de vulnérabilités », reprend James Taylor. Aux professionnels de la cybersécurité de fournir aux utilisateurs en entreprise une vision des dangers à 360°. Car le cybercrime a un bel avenir.
Erick Haehnsen

En matière de cybersécurité tout commence et se termine, au bout du compte, par le facteur humain. © UBM
En matière de cybersécurité tout commence et se termine, au bout du compte, par le facteur humain. © UBM

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