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Fukushima : la décontamination de la centrale nucléaire se poursuit 10 ans après la catastrophe

Jusqu’à 7 000 travailleurs continuent d’œuvrer à la décontamination de la centrale de Fukushima Daiichi. À peine six salariés ont obtenu la reconnaissance d’un cancer dû à de trop fortes expositions aux radiations dans le cadre de leur travail.

Dévastée le 11 mars 2011 par les deux vagues successives (4 m et 15 m de hauteur) d’un tsunami qu’avait engendré un séisme, la centrale nucléaire Tepco de Fukushima Daiichi n’en a pas fini avec la gestion de la catastrophe. Il faut rappeler que deux explosions avaient eu lieu. Dix ans plus tard, 3 000 à 7 000 travailleurs sont toujours à pied d’œuvre sur le site pour le décontaminer. Un chantier pharaonique.

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A peine six salariés ont obtenu la reconnaissance d’un cancer dû à de trop fortes expositions aux radiations durant le travail. © CC Ministère japonais des Territoires, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme

Simuler les missions pour minimiser le temps d’intervention

Sur les six réacteurs de la centrale, quatre continuent de renfermer du combustible fondu. On s’en doute, l’intérieur de ces réacteurs reste inaccessible à l’homme. Dans certaines zones, le niveau des radiations est si élevé que les ouvriers ne peuvent y rester plus de 10 minutes. En fonction des travaux à effectuer, ouvriers et techniciens portent les tenues les plus adaptées possibles. Mais il n’y a pas de miracle. Au mieux, les équipements de protection individuelle NRBC (Nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques) protègent les travailleurs contre les poussières radioactives mais pas contre les rayons ionisants. La règle d’or consiste alors à scruter le dosimètre portatif de sorte à s’éloigner avant d’atteindre la dose maximale autorisée. Cette contrainte oblige à organiser les interventions en amont. Ainsi, pour réaliser une mission, il faut évaluer au préalable la dose de radiations et puis fixer une méthode de travail pour en minimiser l’impact. Ensuite, les intervenants répètent la simulation plusieurs fois avant de l’exécuter en vrai sur le terrain.

A peine six cas de cancer reconnus…

Les personnels sur site sont employés soit par Tepco soit par un de ses nombreux sous-traitants qui opèrent les tâches les plus dangereuses. Résultat, l’électricien ne contrôle pas directement la sécurité et la santé au travail de l’ensemble des intervenants. Certes, le groupe affirme s’efforcer d’avoir le meilleur suivi possible, rapporte une enquête de franceinfo. A cet égard, il insiste sur le renforcement des mesures de sécurité – surtout face aux radiations. De fait, à peine six salariés ont obtenu la reconnaissance d’un cancer dû à de trop fortes expositions aux radiations dans le cadre de leur travail alors que plusieurs dizaines de milliers d’employés ont travaillé sur site. Bien sûr, la justice est saisie et des procès sont intentés de la part de personnes estimant avoir été irradiées à leur insu.

Un chantier loin d’être fini

Par ailleurs, le traitement de l’eau contaminée reste un des problèmes majeurs. Il y en aurait plus de 1,2 million de m³. Sur ce point, sur les 49 réservoirs d’eau installés, 24 doivent être démontés et décontaminés au laser. Mais le chantier le plus titanesque consistera à extraire le combustible nucléaire fondu des réacteurs numéros 1 à 3. On en est loin car il reste à inventer les technologies qui seront capables d’y parvenir.

Erick Haehnsen

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