Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Santé et qualité de vie au travail

Français au travail : moins de TMS, plus de stress !

La pénibilité au travail recule en France. En revanche, la fatigue nerveuse fait de plus en plus de victimes. Tel est le constat du dixième baromètre « Santé et qualité de vie au travail » de l’assureur Malakoff-Méderic.

Les Français se sentent-ils épanouis dans leur travail ? Pas totalement, selon le dixième baromètre annuel « Santé et qualité de vie au travail » de Malakoff-Médéric paru la semaine dernière. Si les facteurs de pénibilité ont reculé, la fatigue nerveuse et le stress ont pris de l’ampleur. Avec un échantillon de 3 500 personnes interrogées entre avril et mai 2018, ce baromètre s’est chargé de prendre la température du moral qui règne au sein des entreprises tricolores.

Une meilleure ambiance de travail
Globalement, le sentiment de satisfaction est au beau fixe : 73% des salariés interrogés apprécient la qualité de vie à leur travail mais aussi l’entente entre collègues ainsi que la reconnaissance et le salaire. Même son de cloche pour les 60% de collaborateurs cumulant 10 ans d’ancienneté, qui disent se sentir « mieux ».

Une avancée nette en termes de prévention des risques physiques
En raison à cela, il faut croire que la démocratisation de la prévention des risques a bien pris. Particulièrement en ce qui concerne les entreprises du BTP et de l’industrie qui, pourtant, comptabilisent le plus de maladies professionnelles et d’accidents du travail. Au cours des dix dernières années, ces secteurs ont instauré une vraie démarche de mise en place d’infrastructures et d’équipements de protection, faisant fléchir la pénibilité et la fatigue physique. S’ils étaient 54% en 2009, les salariés ne sont ainsi plus que 48% cette année à considérer leur activité comme physiquement fatigante.

Des salariés vulnérables aux atteintes psychologiques
C’est plutôt du côté des risques psychosociaux qu’il faut se pencher pour comprendre ce qui met le plus à mal les Français. A commencer par la pression psychologique que subissent les collaborateurs, principale « zone de risque » pour les enquêteurs du baromètre. De fait, 68% des sondés trouvent leur activité « nerveusement fatigante ». Principale raison : un tiers déclare souffrir d’interruptions intempestives de leur travail, ce qui rend difficile la concentration. Tandis qu’ils sont 35%, soit une augmentation de 8 points depuis 2009, à reconnaître avoir du mal à concilier travail et vie privée.

Pas assez de marges de manœuvre
On constate aussi une baisse de l’implication des salariés. S’ils sont majoritairement fiers de leur entreprise (71%), seul 29% se considèrent comme très engagés. Un chiffre qui a nettement baissé par rapport à 2012 (36%). Pour expliquer cette contradiction, les chercheurs estiment que les employeurs ne confient pas suffisamment les rênes à leurs salariés : difficulté à prendre des décisions (86%), manque de reconnaissance de la hiérarchie (un quart des sondés) contribuent à instaurer un manque d’autonomie et donc à freiner les employés dans leur volonté de participer plus activement.

Des employés éreintés
Résultat : les tentatives de se mettre en arrêt maladie sans raison médicale prouvée ont augmenté, passant de 21% en 2012 à 29% aujourd’hui. Plus inquiétant encore, un salarié sur deux estime qu’il ne pourra pas continuer comme ça pendant encore dix ans. Ce qui rend l’enjeu de l’âge de départ à la retraite encore plus critique. De quoi donner du fil à retordre à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui s’est donné un an pour travailler sur un projet de loi sur la santé au travail.

Ségolène Kahn

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