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Financée par l’Armée, BforCure dépiste le Covid-19 en une demi-heure

Pour lutter contre la propagation du virus et protéger les travailleurs, le ministère des Armées a injecté 1,8 million d’euros dans le projet de la start-up BforCure. La jeune pousse a inventé une biotechnologie miniaturisée qui permet de réaliser des dépistages sur place. Outre l’aspect pratique d’une intervention plus localisée, elle présente également un gain de temps. Les résultats apparaissant en une demi-heure contre quatre heures pour les autres automates.

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Le dépistage consiste à placer un échantillon nasale sur une puce qui s’insère ensuite dans l’automate. Les résultats commencent à apparaître en dix minutes.
© BforCure

Le gouvernement veut accélérer la reprise d’activité des entreprises. Cependant, il se heurte au manque de tests de dépistage du Covid-19. Particulièrement dans les secteurs de l’industrie et de la santé où les salariés sont les plus exposés au virus. D’où l’intérêt de la start-up BforCure se démarque avec Fastgene. À savoir, une technologie de biodétection rapide des agents pathogènes qui réalise des tests virologiques RT-PCR avec un automate. Avantage, les résultats apparaissent en seulement une demi-heure.

1,8 million d’euros

Pour cette innovation, BforCure a décroché en avril dernier un financement de 1,8 million d’euros. Cet investissement émane du ministère des Armées via l’Agence de l’innovation de défense (AID), dans le cadre du projet Nomorecov. Une somme rondelette pour couvrir l’ensemble des étapes d’industrialisation. Actuellement, la start-up démarre la phase de validation de sa technologie au laboratoire de virologie de l’hôpital Saint-Louis (AP-HP) à Paris.

Un dépistage à faire sur place

Point fort, cette technologie consiste à fournir plus rapidement les tests RT-PCR. Et surtout, au plus proche du foyer d’infection… Pour cela, la jeune pousse a développé un automate mobile et connecté capable de réduire d’un facteur 5 la durée de réalisation des tests. « Notre premier objectif est de pouvoir proposer une solution capable de détecter le virus sur place. Sur le lieu même de prélèvement, sans devoir transporter les échantillons vers un centre d’analyse », détaille à Industrie et Technologies Christophe Pannetier, co-fondateur et directeur scientifique de la start-up. Sachant qu’un laboratoire centralisé met environ 24 heures à produire un résultat.

Des résultats plus fiables sans déplacement

« Notre hypothèse, qui sera peut-être confirmée par l’hôpital Saint-Louis, est que le déplacement des échantillons peut engendrer un plus grand nombre de faux négatifs », estime le co-fondateur. Par exemple, l’appareil pourra être à demeure dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Ou encore dans un service mobile d’urgence et de réanimation. Ainsi, les résultats pourront-ils arriver plus rapidement entre les mains des Agences régionales de santé (ARS) et à Santé publique France.

Un dépistage de l’ADN

Il faut savoir que la détection du virus repose sur la méthode de biologie moléculaire dite Polymerase Chain Reaction (PCR). Il s’agit de dupliquer en grand nombre une séquence d’ADN à partir d’une faible quantité. Dans le cas de l’automate de BforCure, le procédé est couplé à la technologie Fastgene qui miniaturise le procédé sur une puce.

Des premiers résultats en dix minutes

Concrètement, le personnel médical va réaliser un prélèvement nasal sur la personne à tester. Ensuite, l’échantillon se place sur une puce à insérer dans l’appareil. Et les résultats apparaissent au bout de 10 minutes, avec une réponse effective en une demi-heure. En comparaison, les autres automates disponibles sur le marché stagnent à quatre heures.

Une premier modèle en juillet

Pour l’heure, les investissements reçus du ministère des Armées vont permettre de couvrir l’ensemble des étapes nécessaires à l’industrialisation du procédé. Une fois la phase de test révolue, la start-up se mettra en marche pour commercialiser son automate. De fait, une première machine, capable d’analyser 4 échantillons toutes les demi-heures, devrait apparaître à partir de juillet.

Ségolène Kahn

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