Gérer les risques
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Risques industriels et environnementaux

En attendant Securivet (28-29 juin) | « Participer aux travaux normatifs est ouvert à tous ! »

Pour le directeur du Bureau de normalisation des industries textiles et de l’habillement, Laurent Houillon, il est faux de croire que l’accès aux commissions nationales de normalisation est réservé aux « riches ». Les « petits » peuvent y participer pour anticiper les futures tendances technologiques et tenter d’y faire valoir leurs points de vue…

Info.expoprotection.com – Pouvez-vous nous décrire la mission du Bureau de normalisation des industries textiles et de l’habillement ?

Laurent Houillon – « Le Bureau de normalisation des industries textiles et de l’habillement, ou BNITH, a été créé à la demande des professionnels de l’UIT et de l’UFIH dans les années 1990. Il fait partie du système français de normalisation où, à l’instar de l’Afnor, il participe à l’élaboration des normes dans le secteur du textile et de l’habillement. En tant que partie d’Afnor, il agit par délégation suite à un agrément donné par le ministère de l’Industrie. Il s’occupe donc de la gestion des différentes commissions de normalisation, de gérer les procédures pour les normes, etc. Le bureau a aussi des responsabilités quant au suivi de tous les projets de normes, quelle qu’en soit l’origine : française (Afnor), européenne (CEN) ou internationale (ISO). Dans le cadre du prochain colloque Securivet, mon intervention se fera dans le cadre des compétences du BNITH en matière de normalisation des vêtements et des gants de protection. »


Info.expoprotection.com – La normalisation est souvent perçue, à tort sans doute, comme une contrainte par certains fabricants. En quoi peut-elle être une chance, un outil pour conquérir des marchés ?

Laurent Houillon – « Je pense qu’il y a confusion dans l’esprit de certains. Ce n’est pas la norme qui est une contrainte mais plutôt la réglementation qui est de la responsabilité des autorités. La norme, quant à elle, est un système élaboré de manière volontaire qui donne naissance à un document à disposition non seulement des autorités mais aussi de ceux qui veulent bien l’utiliser. Il faut que les fabricants d’EPI comprennent que s’ils souhaitent être présents sur certains marchés, la norme vient en appui de leur démarche commerciale pour vérifier que leurs produits sont conformes à la réglementation. Dans l’application de la directive européenne “EPI”, on parle alors de “présomption de conformité”. Sans cette présomption, ils risquent d’avoir des difficultés sur des marchés internationaux où la norme est de plus en plus présente. »


Info.expoprotection.com – Le consensus existe-t-il en matière de norme ?

Laurent Houillon – « L’élaboration d’une norme est ouverte à tous. Le travail purement technique effectué dans les “working groups” (WG ou groupes de travail) doit être ouvert à toute personne qui a un intérêt à travailler sur la norme. Ceci étant posé, dans le travail d’une commission nationale de normalisation nous devons, au préalable, définir et bien indiquer, en toute transparence, les diverses catégories d’intérêts en présence : fabricants, distributeurs, associations de consommateurs, administrations, etc. Cependant, ce sont de loin les fabricants qui sont les plus nombreux. Alors certes, s’investir dans ce travail représente un coût pour les entreprises. Mais, à mon sens, il est important pour les fabricants, y compris les PME, de participer au moins à la commission nationale de normalisation. Cela leur permet d’avoir un aperçu du contenu de la norme et des tendances techniques qui s’en dégagent. Par ailleurs, quand on participe à une commission, la norme récemment publiée est mise à disposition gratuitement pendant trois mois ce qui permet d’éviter de l’acheter. Enfin, il faut savoir qu’un décret définit le contexte d’organisation de la normalisation française et prévoit des exemptions pour certaines PME. La participation financière peut alors n’atteindre qu’une centaine d’euros par an pour une PME de moins de 20 personnes. Pour revenir à votre question sur le consensus, il faut dans les commissions faire avec des avis divergents qu’il faut faire converger. Il faut tenir compte des intérêts de chacun : impératifs de sécurité, économiques, etc. La norme est le résultat de cette alchimie. Il s’agit de la meilleure solution, la solution optimale, qui satisfait les uns et les autres. »


Info.expoprotection.com – A l’image de Jean-Marc Picard, ancien président de la Commission de normalisation et de sécurité sociétale, vous semblez convaincu que la participation aux travaux normatifs revêt un caractère stratégique…

Laurent Houillon – « C’est en effet le message que je souhaiterais faire passer à l’occasion de mon intervention sur Securivet. Il est important, quand on entre dans une activité économique, de considérer la norme comme un élément à prendre en compte pour la stratégie de l’entreprise et de participer à son élaboration si on souhaite être “moteur” sur ce marché. La possibilité, contrairement à ce que beaucoup croient, existe. Il faut l’utiliser. L’ignorance de la norme peut fortement impacter l’activité de l’entreprise. »

Colloque Securivet 2011 | Le lieu de rencontre des producteurs et utilisateurs de vêtements professionnels

– 28 juin – La normalisation
Les normes conditionnent le marquage CE des EPI. L’implication dans l’élaboration des normes est un enjeu stratégique pour les industriels comme pour leurs clients.
Laurent Houillon, directeur du Bureau de normalisation des industries du textile-habillement
> Le programme complet  ici

> Inscriptions ici

Colloque Securivet 2011
28-29 juin

6, avenue du Docteur-Brouardel
75007 Paris
Renseignements : contact@securivet.fr

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