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Sûreté et sécurité

Détection des incidents par le son : la start-up Sensivic lève 1,6 million d’euros

Cette jeune pousse tricolore a eu l’idée de donner des oreilles aux caméras de vidéosurveillance en les couplant à un système de détection audio intelligent.

Le marché de la sécurité est dominé par la vidéosurveillance et donc la détection d’éléments basés sur le visible. Or, comme le considère la start-up orléanaise Sensivic : « Sans oreilles, les caméras sont aveugles. » C’est ainsi que cette jeune pousse a eu une idée innovante : elle a développé un système de détection audio intelligent en temps réel. Capable de détecter un son anormal dans un environnement bruyant, cette solution se pose comme un complément à la vidéosurveillance. Grâce à cette invention prometteuse, Sensivic vient de réaliser une première levée de fonds de 1,6 million d’euros.

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Grâce à son système de détection audio intelligent, Sensivic a réalisé une première levée de fonds de 1,6 million d’euros. © Sensivic

De nombreux Business Angels

Très attendue par l’écosystème français de la sécurité-sûreté, cette opération provient de plusieurs réseaux de Business Angels, à savoir WeLike, BADGE, Val de France Angels, Capitole Angels, Itera Invest, Myrtus. Y participent également Bpifrance ainsi que d’autres partenaires financiers. Médaillée d’or aux Trophées de la sécurité en 2016, la start-up tricolore a déjà su convaincre une clientèle de sites bancaires, stations-service et agglomérations. Labellisée par le CSF Industries de Sécurité, sa technologie sera notamment utilisée lors des Jeux olympiques et paralympiques Paris 2024.

Un sens de l’alerte primaire

Il faut dire que la start-up tricolore propose une solution qui enrichit nettement la vidéosurveillance grâce à une composante inédite : le son. « Chez tous les êtres dotés du sens de l’ouïe, le son est le sens de l’alerte primaire » rappelle Pascale Demartini, prédégère de la start-up. Coups de feu, explosions, accidents, bris de vitres, effractions par perçage ou découpe, vandalisme, cris de panique, incivilités et agressions verbales… sont autant de signaux sonores d’un incident que le système peut repérer.  

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À coupler à une caméra de vidéosurveillance, ce Sound Scanner détecte lorsqu’un son anormal se produit dans l’espace urbain. © Sensivic

Un boîtier à coupler à une caméra de vidéoprotection

Il s’agit par exemple du Sound Scanner, un des détecteurs de la marque capable d’émettre une alarme lorsqu’un son anormal se produit dans l’espace urbain. Couplé à une caméra de vidéoprotection, ce boîtier permet d’offrir une image pertinente à l’instant T. Ainsi le couplage des yeux et des oreilles démultiplie-t-il l’efficacité de la vidéoprotection.

Enrichir la vidéosurveillance

« Les bénéfices apportés par notre gamme de solutions dans un système de sécurité global sont nombreux : un nouveau « sens », la détection automatique, l’alerte en temps réel, le guidage des caméras vers la source sonore, la couverture de zones non autorisées à la vidéoprotection, la protection solidaire, un gain de temps précieux permettant d’agir plus vite », reprend Pascale Demartini.

Un algorithme de détection sonore

Pour cela, la start-up a fait appel à une technologie développée par son directeur technique, Jean Demartini, docteur en sciences, chercheur, ingénieur spécialiste des systèmes embarqués, intelligence artificielle et traitement du signal. À partir d’un moteur d’intelligence artificielle, un algorithme de détection génère un modèle prédictif immédiat qui permet d’alerter en temps réel lorsqu’un événement sonore inattendu est en train de se produire. 

Une croissance en pleine expansion

Pour l’avenir, la start-up ambitionne d’affermir sa présence sur le marché européen de la sécurité. Grâce à la levée de fond, l’entreprise pourra développer de nouveaux produits, recruter les forces vives commerciales et marketing ou encore booster la R&D et la production. Il faut dire que le champ d’application de la solution s’avère très vaste, allant de la banque, de l’industrie et des parkings jusqu’aux transport et surtout aux Smart Cities… D’autant que ces technologies ne sont pas des  »mouchards » de conversations privées dans les rues.

Ségolène Kahn

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