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Sûreté et sécurité

Cédric O : un cadre pour encourager les expérimentations en reconnaissance faciale

En collaboration avec la Commission nationale Informatique et Libertés (CNIL), le secrétaire d'État au numérique propose de créer une instance de supervision et d’évaluation des expérimentations pour la reconnaissance faciale. Laquelle serait composée de membres issus de différentes administrations et régulateurs, sous la supervision de chercheurs et de citoyens.

Cédric O secrétaire d'Etat au numérique

Cédric O, secrétaire d’État au numérique. CC Gézelin Grée

Les industriels et les forces de l’ordre poussent au développement de la reconnaissance faciale dont l’usage est aujourd’hui très encadré par la loi française. En réponse à cette attente, Cédric O, le secrétaire d’État au numérique, propose de créer avec la Commission nationale Informatique et Libertés (CNIL) une instance de supervision et d’évaluation. Cette annonce faite dans le cadre d’une interview parue dans le quotidien Le Monde ce lundi 13 octobre répond aux attentes des industriels qui souhaitent faire progresser leurs technologies en menant des expérimentations. Selon le décompte du quotidien, on n’en compterait une dizaine en France. Parmi lesquelles, celle menée par l’entreprise Brainchip (inventrice d’une puce qui simule le fonctionnement du cerveau) avec la police de Toulouse. L’objectif était de faire de la biométrie à la volée sur des images collectées de vidéosurveillance.

Quid de la reconnaissance faciale en temps réel sur les images de vidéosurveillance ?

Cédric O propose que les prochaines expérimentations soient supervisées et évaluées par la fameuse instance. Cette dernière serait composée de membres issus de différentes administrations et régulateurs, sous la supervision de chercheurs et de citoyens. Dans un deuxième temps, le secrétaire d’État se déclare partisan d’un débat citoyen sur le sujet afin d’examiner les questions légitimes concernant l’équilibre entre usages, protection et libertés sachant que l’État doit se protéger de lui-même. A cet égard, Cédric O se déclare extrêmement partagé sur la possibilité d’utiliser les mécanismes de reconnaissance faciale en temps réel sur les images de vidéosurveillance. « On en voit très bien l’utilité, par exemple, pour identifier des terroristes dans une foule mais aussi les risques », soulève le secrétaire d’État au numérique. Ce dernier estime qu’il faut donc en définir très clairement le cadre et les garanties pour éviter la surveillance généralisée et qu’un débat citoyen sur le sujet est nécessaire, en y associant les parlementaires et les élus locaux. « C’est d’une certaine manière aux Français de choisir car les décisions seront lourdes de conséquences. »

Application mobile de reconnaissance faciale

Cédric O a été également été interrogé sur Alicem (Authentification en ligne certifiée sur mobile), l’application mobile de reconnaissance faciale prévue par le gouvernement pour faciliter l’accès à partir d’un smartphone à de nombreux services de l’État. Aujourd’hui en test sur quelques milliers de personnes, elle fait l’objet d’une levée de bouclier. Pour apaiser les inquiétudes, le Conseil national du numérique (CNNum) a été saisi et deux députées, Paula Forteza et Christine Hennion, ont débuté un travail pour le compte de l’Assemblée nationale sur le sujet de l’identité numérique. Le test ne sera pas élargi avant d’avoir eu leur premiers retours.

Eliane Kan

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