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Sûreté et sécurité

Barcelone : les derniers rebondissements de l'enquête sur les attentats

Cinq jours après les attentats meurtriers à Barcelone et Cambrils en Espagne, le conducteur de la camionnette folle a été abattu, l'imam soupçonné d'avoir radicalisé les jeunes est mort dans une explosion. Quatre membres de la cellule de djihadistes se retrouvent devant le juge.

Identifié par les forces espagnoles de sécurité comme le conducteur de la fourgonnette qui a fait 13 morts et 88 blessés sur les Ramblas à Barcelone le jeudi 17 août, Younes Abouyaaqoub, 22 ans, a été abattu, lundi 21 août, près de Subirats, à 50 kilomètres à l’ouest de la capitale catalane. Profitant du chaos et de la confusion, le terroriste avait abandonné la camionnette blanche avec laquelle il avait semé la mort et traversé le célèbre marché de La Boqueria pour se diriger vers le vieux quartier d’El Raval.

Une traversée de la ville en 90 mn

En 90 minutes, il aura parcouru plus de 5 kilomètres, à pied, dans une ville en panique, selon les images de la vidéosurveillance. Parvenu au parking de la cité universitaire, il poignarde mortellement Pau Perez, 34 ans, qui garait sa Ford Focus blanche avec laquelle il tente de sortir de la ville. La police catalane déclenche l’opération « Jaula » (« cage ») pour boucler la ville. Le terroriste tombe sur un contrôle, refuse de s’arrêter et renverse un agent. Il abandonne la voiture quelques kilomètres plus loin, à Sant Just Desvern, vers 19 heures. La police perd alors sa trace.

Une cavale de cinq jours

Lorsque les agents de police se sont approchés de Younes Abouyaaqoub, au bout d’une cavale de cinq jours, celui-ci a ouvert sa chemise, exhibant une ceinture d’explosifs – qui se révélera être fausse. Il aurait crié « Allahou akbar ! » (« Dieu est le plus grand »), selon le journal Le Monde. Les agents ont alors tiré. Durant sa traque, l’auteur de l’attentat aura parcouru une distance d’un peu plus de quarante kilomètres. Pendant ce temps, les forces espagnoles de sécurité ont confirmé la mort de l’imam Abdelbaki Es Satty, le cerveau présumé de la cellule des douze djihadistes, dont la maison avait explosé en raison d’une puissante déflagration à Alcanar, à 200 kilomètres au sud de Barcelone, la veille de l’attentat. Cinq autres membres de la cellule djihadiste ont été abattus par la police espagnole lors de l’attaque à la voiture-bélier à Cambrils dans la nuit du jeudi au vendredi et deux (dont l’imam) ont péri à Alcanar.

Quatre personnes déférées devant un juge

Au final, seuls quatre membres de cette cellule des douze djihadistes ont été arrêtées et ont comparu ce mardi matin à Madrid, devant le juge de l’Audience nationale, le tribunal spécialisé dans les affaires de terrorisme, chargé de l’enquête. A commencer par Driss Oukabir, qui s’est livré à la police, clamant son innocence, Mohamed Aallaa, le propriétaire de l’Audi utilisée à Cambrils, Salah El Karib, gérant d’un café Internet à Ripoli et Mohamed Houli Chemlal, blessé dans l’explosion d’Alcanar. Aucun n’était connu des services antiterroristes. En garde à vue depuis cinq jours, les quatre hommes ont été entendus en auditions à huis-clos, assistés d’avocats commis d’office, par le juge d’instruction Fernando Andreu accompagné de deux procureurs. Au total, les attaques terroristes ont fait 15 morts et plus de 120 blessés.

Des connexions à l’étranger

Selon l’AFP, au moins un des suspects, dont le nom n’a pas été révélé, s’est rendu à Zurich en décembre dernier, selon la police fédérale suisse qui a retrouvé trace de son passage dans un hôtel de la ville à la demande de son homologue espagnole. Pour sa part, l’imam Abdelbaki Es Satty, mort dans l’explosion de la maison d’Alcanar, avait séjourné en Belgique entre janvier et mars 2016. Quant à l’Audi A3 utilisée à Cambrils, elle avait été « flashée » près de Paris par un radar le 12 août avec quatre personnes à bord, a déclaré ce mardi Gérard Collomb, A cet égard, le ministre français de l’Intérieur a annoncé qu’il recevrait ce mercredi à Paris son homologue espagnol Juan Ignacio Zoido.

Un attentat de plus grande envergure en préparation
L’un des quatre suspects encore en vie des attentats en Catalogne, Mohamed Houli Chemla, a reconnu devant un juge que la cellule préparait un attentat de plus grande envergure, annonce, mardi 22 août, une source judiciaire à l’AFP. En fin de journée ce mardi, les quatre suspects ont été mis en examen, indique une source judiciaire à l’AFP. Ils sont notamment inculpés d' »appartenance à une organisation terroriste, assassinats terroristes, possession d’explosifs », selon cette même source. Pour l’heure, douze des 32 blessés français sont toujours hospitalisés à Barcelone, indique le Quai d’Orsay. Trois d’entre eux étant dans un état grave.

Erick Haehnsen

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