Avec son robot suiveur, Effidence réduit la pénibilité au travail

Demain, les robots pourraient bien contribuer à l’égalité homme-femme dans les sites de production et les entrepôts. C’est du moins ce qu’augure Effibot, le robot suiveur d’Effidence qui, comme son nom l’indique, est conçu pour cheminer derrière l’opérateur afin de l’assister dans le port de charges lourdes. Monté sur quatre roues, l’engin embarque un plateau personnalisable sur lequel l’opérateur dépose les pièces, colis et autres contenants durant sa collecte. De quoi limiter la pénibilité des tâches mais aussi gagner en productivité. « Une fois le plateau plein, il suffit à l’opérateur d’appuyer sur un bouton pour que le robot se dirige de manière autonome vers la zone d’expédition, le magasin ou tout autre point préalablement mémorisé », indique Eric Ploujoux, responsable commercial d’Effidence, une PME d’une dizaine de personnes dont 9 docteurs et ingénieurs en robotique, électronique et automatismes. En 2015 son chiffre d’affaires s’est élevé à 500.000 euros contre 450.000 pour 2014.

Avec ce robot suiveur, l’entreprise française cofondée par Cédric Teissier, l’actuel président, capitalise sur ses 7 années de recherches consacrées au développement de solutions robotiques vendues à des industriels et organismes d’Etat. Effidence a ainsi réalisé une trentaine d’engins assemblés en France. Dont un robot rondier dédié à des entreprises de sécurité. La PME a également à son actif un robot suiveur « Baudet-Rob » pour soulager les militaires du port de leur barda durant les manœuvres. Financé par la Direction générale de l’armement (DGA), cet engin fait actuellement l’objet d’un deuxième programme de développement.

Compte tenu de ce savoir faire, il n’a fallu qu’un peu plus d’un an de travail à Effidence pour aboutir à sa solution robotique d’assistance à la manutention dédiée aux applications civiles. « Notre robot intéresse différents secteurs comme l’intralogistique, l’industrie, l’agriculture et le BTP notamment », indique Eric Ploujoux qui prévoit pour 2016 un décollage de l’activité commerciale.

Au plan technique, Effibot se déplace à une vitesse qui peut aller jusqu’à 7 km/h. Grâce à sa structure légère en aluminium et à ses batteries lithium-fer-phosphate rechargeables en deux heures et demi, Effibot peut travailler de manière continue durant 8 heures. Surtout, il est conçu pour suivre automatiquement l’opérateur grâce à son laser à balayage couplé au système de navigation développé par Effidence. Pour se déplacer de manière autonome, le robot embarque un plan de la structure du bâtiment et apprécie en temps réel son environnement pour s’orienter. Si une personne se place devant lui ou s’il fait face à un obstacle il saura l’éviter en se décalant. Au pire, il s’arrêtera.

Le robot a déjà été testé par des clients qui recevront la version industrielle dès le mois d’avril. « Maintenant qu’Effibot est industrialisé, nous allons débuter nos livraisons par une première série de 5 appareils destinés à des entreprises travaillant sur les secteurs de la logistique, de l’agriculture, de la viticulture et du maraîchage », annonce Eric Ploujoux qui commercialise ses robots à un prix allant de 15.000 euros pour l’unité de base à 20.000 pour un robot engin capable de porter 300 kilos.

Eliane Kan


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