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Sûreté et sécurité

Alcool, téléphone, drogues au volant… conduite à risque chez les jeunes de moins 35 ans

La Fondation Vinci Autoroutes vient de publier son 13ème Baromètre de la conduite responsable. Elle y révèle des chiffres particulièrement préoccupants sur la conduite des moins de 35 ans qui considèrent le code de la route comme une contrainte.

Alors que de nombreux Français s’apprêtent à prendre la route pour les week-end de printemps, la Fondation Vinci Autoroutes publie les résultats de son 13ème Baromètre de la conduite responsable. Chaque année, cette enquête réalisée par Ipsos auprès de 12 400 personnes fait le point sur les comportements des Européens au volant. Côté Français, l’étude révèle des chiffres particulièrement inquiétants chez les jeunes de moins de 35 ans. Téléphone au volant, alcool, drogues… Les jeunes conducteurs multiplient les conduites à haut risque.

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Campagne de la Sécurité Routière contre l’alcool au volant. © Sécurité Routière

Les jeunes conducteurs en cible

« Les conducteurs ont beau être conscients des dangers du smartphone au volant, du manque de sommeil ou de la consommation d’alcool ou de drogues, ils ont de plus en plus de difficultés à accepter les contraintes inhérentes à la conduite d’un véhicule. Les jeunes en particulier cherchent le compromis entre les sollicitations de la vie sociale et la conduite sûre, quitte à prendre des risques », observe Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes. 

Le code de la route, un obstacle

Du fait de leur manque d’expérience au volant, la plupart des conducteurs novices sont généralement encore soumis à un permis probatoire. Or cela ne semble pas les inquiéter et de nombreux jeunes de moins de 35 ans n’hésitent pas à faire des entorses au code de la route qui. « est vécu par le jeune comme une gêne intolérable le dépossédant de son évaluation propre des circonstances, il est alors l’objet d’une permanente réinterprétation », estime David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg et chargé de piloter cette étude. 

Prises de risque

Premier marqueur de ce non-respect des règles : le non-port de la ceinture de sécurité atteint 27% des moins de 35 ans. Pour rappel il s’agit d’une règle fondamentale pour l’obtention du permis de conduire. Autre signe révélateur, la consommation d’alcool, de drogues et de médicaments atteint des niveaux élevés chez les jeunes, notamment les hommes. Pour rappel, selon la Sécurité Routière, près d’un accident sur deux la nuit est provoqué par l’alcool. 

Conduite sous stupéfiant

En effet, l’enquête révèle que parmi les hommes de moins de 35 ans, 20 % reconnaissent qu’il leur arrive de prendre le volant en état d’ébriété. Plus dramatique encore, 27 % déclarent avoir déjà eu ou failli avoir un accident à cause d’une consommation excessive d’alcool. De même, 26 % conduisent en ayant consommé des médicaments susceptibles d’altérer leur vigilance. Et 19 % en ayant fumé du cannabis ou consommé des drogues.

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Campagne de la Sécurité Routière contre le téléphone au volant.
© Sécurité Routière

Téléphone au volant

Autre conduite à risque, l’usage du téléphone au volant fait des dégâts chez les jeunes. 70 % téléphonent au volant avec un système Bluetooth et parmi eux, 61 % jugent que ce n’est pas dangereux. Par ailleurs, 54 % envoient ou lisent des SMS ou des mails et 23 % regardent des films ou des vidéos en conduisant. En conséquence, 24 %ont déjà eu ou failli avoir un accident en raison de l’utilisation du téléphone au volant.

Une addiction au numérique

« Les jeunes peinent à se détourner de leur « compagnon numérique de la route » lorsqu’ils conduisent, le risque de la déconnexion primant bien souvent à leurs yeux sur le risque de la déconcentration qu’ils ont d’ailleurs tendance à largement sous-estimer », explique Jocelyn Lachance, maître de conférences en sociologie.

Somnolence

Enfin, les jeunes surestiment leur habileté à conduire sous l’emprise de la fatigue. Ainsi, 57 % des 16 à 24 ans continuent de conduire même quand ils se sentent très fatigués. Pourtant, cette tranche d’âge est particulièrement exposée à une dette de sommeil chronique. Résultat, 42 % ont déjà eu l’impression de s’être assoupis en conduisant. Et 29 % ont déjà eu ou failli avoir un accident à cause d’un épisode de somnolence.

Ségolène Kahn

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