Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risque incendie

A quoi va ressembler le pompier du futur ?

Parfois aidé de quelques drones ou robots, le sapeur-pompier risque surtout de recourir à des applications pour smartphone. Au menu : orienter la communication vers le bon interlocuteur, filmer pour évaluer la situation, donner des instructions... Tel est le constat de la conférence "Dessine-moi un (cyber) pompier'', donnée dans le cadre du programme Demain du salon Expoprotection 2016.

Prévention, prévision et opération sont les trois maîtres-mots qui fondent l’avenir du sapeur-pompier. « Avant toute chose, il faudrait réduire les causes de sinistre de sorte que le sapeur-pompier n’ait même pas à intervenir ! Autrement dit, c’est de la prévention. Pour que l’incendie ne survienne pas, il faut s’appuyer notamment sur la réglementation et les retours d’expérience, lance, en guise d’introduction à la conférence « Dessine-moi un (cyber) pompier » sur le salon Expoprotection, Didier Rémy, animateur fédéral de la commission prévention au Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) Charentes. Quant à la prévision, elle s’investit dans la mise en place de scénarios pour que chaque partie prenante sache ce qu’elle a à faire. Enfin, l’opération s’appuie sur des outils comme les plans numériques en 3D de l’installation sur laquelle intervenir, le rôle des primo-intervenants ainsi que sur les robots et les drones pour savoir ce qu’il se passe avant intervention. Quel que soit l’acteur qui intervient, on doit le protéger. »

Orienter la culture de l’organisation vers le partage de l’information
Mais rien n’est simple. « Il faut éclaircir le lien entre organisation et nouvelles technologies de l’information. Par exemple, il faut prévoir comment on gère l’information dans le cadre opérationnel ou administratif », avertit Anaïs Saint Jonsson, docteur en sciences de gestion au Groupement qualité des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône. En effet, il faut se poser la question de savoir comment insérer un outil numérique. Lequel ne sera positif que s’il y a de l’appétence pour le numérique au sein des équipes. Tout dépend aussi de la culture qui règne dans l’organisation : celle du partage de l’information ou celle où chacun la garde pour soi ? »

Vers des applications smartphone dédiées
Pour Paul Sitbon, président de la société Sikiwis qui réalise des applications pour smartphone, la, solution passe bien sûr par… des applications sur smartphone ! « Chacun l’a sur soi. C’est un support qui non seulement reçoit de l’information mais aussi en émet. On peut qualifier instantanément l’intensité d’une situation grâce à une application dédiée. Autrement, pour arriver au même résultat, il faudrait 4 à 5 minutes », plaide le patron de Sikiwis. Aujourd’hui, il existe quelques applications smartphone professionnelles mais elles sont très limitées. « L’union départementale des sapeurs-pompier des Bouches-du-Rhône dispose d’une application qui permet de savoir à tel moment qui est disponible et avec quelles compétences », fait valoir Anaïs Saint Jonsson. « A la Martinique, il existe une application qui permet de joindre le centre de traitement des alertes pour indiquer si l’on est bloqué », ajoute Christian Lefort, sapeur-pompier en Guyane.
« En cas de malaise cardiaque, les gens, en majorité, ne savent pas quel numéro appeler. Est-ce le 112 ? Avec une application pour smartphone, on pourrait orienter la communication vers le bon interlocuteur et surtout rendre cette communication prioritaire, remarque Didier Rémy. Une fois contacté, le centre d’aide d’urgence pourrait alors aider l’opérateur à localiser l’intervenant. Il pourrait aussi prendre, si nécessaire, le contrôle du smartphone, filmer la scène et accélérer les secours, voire donner des instructions à l’appelant. » Bref, le pompier du futur a son avenir non pas dans le feu mais dans sa poche.

Erick Haehnsen

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