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60 % des responsables cyber en situation de stress élevé

Selon une étude du Cesin et d’Advens, les responsables de la cybersécurité subissent un niveau de stress préoccupant dû à la crise sanitaire.

Depuis la crise sanitaire, les entreprises subissent une recrudescence des cyberattaques. En première ligne, les responsables de la sécurité et de l’informatique éprouvent un niveau de stress particulièrement élevé. En témoigne le Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique (Cesin) qui vient de révéler les chiffres d’une enquête inédite sur l’état psychologique des responsables cyber. 

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Selon l’étude, un tiers des sondés se situent dans la zone rouge, c’est-à-dire qu’ils subissent un niveau de stress élevé.
© Mohamed Hassan / Pixabay

Des experts en gestion du stress

Réalisée en partenariat avec le spécialiste du management de la cybersécurité Advens, cette enquête a interrogé 330 responsables de la cybersécurité dans des entreprises françaises. Elle a également bénéficié du concours d’un coach et d’un médecin oncologue, tous deux spécialisés dans la gestion du stress et du burnout. Quant à la méthode, elle s’appuie sur un questionnaire en deux parties, à savoir l’évaluation du niveau de stress, et la seconde les raisons susceptibles de provoquer ce stress. 

Une méthodologie basée sur le PSS

Pour estimer le niveau de stress, les enquêteurs se sont servis d’un modèle de mesure intitulé Perceived Stress Scale (PSS). Cette échelle se base sur un système de notation allant de 0 à 40. Sachant que jusqu’à 16, le stress est plutôt jugé stimulant, entre 16 et 24, il provoque des sentiments d’impuissance occasionnels. Alors qu’à partir de 22, l’individu entre dans la « zone rouge » : il subit un stress élevé qui se traduit par un sentiment de menace et d’impuissance. 

Un tiers des sondés en zone rouge

En ce qui concerne l’étude du Cesin, elle révèle ainsi une mesure globale de 18,4, ce qui représente donc un niveau de stress élevé. Plus précisément, 39% des sondés se situent dans la zone verte, tandis que la grande majorité (61%) se partagent la zone orange (33%) et rouge (28%). « Sur les 92 personnes qui se trouvent en zone rouge, 62 personnes sont en risque de burnout. Parmi celles-ci, 22 personnes sont même dans une zone à risque de dépression clinique, avec un score supérieur à 28 sur 40 » avertit le Cesin.

La crise du Covid-19 en cause

Parmi les raisons à l’origine de ce stress, 82% citent en premier lieu le contexte d’adversité, c’est-à-dire les difficultés éprouvées face à la crise sanitaire et à la cybermenace. En conséquence, 52% se sentent constamment sur le qui-vive, et 28% se sentent démunis face à l’ampleur des cyberattaques. De fait, « 54% estiment qu’une crise majeure pourrait leur coûter leur poste » indiquent les auteurs de l’étude. Un chiffre qui passe à 65% pour les sondés situés en zone rouge. 

Un baromètre prévu chaque année

« Les résultats de cette enquête sont préoccupants et incitent à poursuivre la démarche » met en garde le Cesin qui souhaite mettre en place avec Advens une série de mesures de prévention dans la profession. Comme par exemple un baromètre annuel pour suivre l’évolution de cette étude. 

Encourager les témoignages

« Il est essentiel de comprendre si ces résultats sont inscrits dans la durée, de les mesurer à distance de la situation pandémique actuelle ». Autre piste, le Cesin songe à la mise en place d’ateliers de « résilience face au stress », des séminaires, ainsi que la réalisation de portraits de professionnels de la Cyber « pour mieux comprendre le sujet du stress dans ce métier, avec différents parcours ».

Ségolène Kahn

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