Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risques industriels et environnementaux

450 millions d'euros investis dans le plan anti-sismique aux Antilles

Dans le cadre de la seconde phase du plan « Séismes Antilles », le gouvernement accorde une somme de 30% supérieure à la première période 2007-2015. Le but étant d'intensifier les travaux de construction parasismiques dans cette zone particulièrement vulnérable aux tremblements de terre.

Le récent tremblement de terre en Italie qui a fait plus de 290 morts et 400 blessés, dont 232 pour le seul village d’Amatrice, nous rappelle à la triste réalité et au besoin d’anticiper des telles catastrophes naturelles. En France, justement, une enveloppe de 450 millions d’euros a été allouée le 27 juillet dernier en conseil des ministres, pour la période 2016-2020 au plan « Séismes Antilles » par les ministres de l’Environnement, Ségolène Royal, et des Outre-Mer, George Pau-Langevin. Dédié aux collectivités territoriales, ce budget est 30% plus élevé que lors de sa première phase. Le gouvernement donne ainsi un coup de collier afin de renforcer les travaux de construction et de protection sismique dans cette région. De quoi « conforter ou reconstruire 120 établissements scolaires, une quinzaine de casernes de pompiers et près de 3.000 logements sociaux », précise Ségolène Royal.

Une zone gravement sismogène

Il faut savoir que la région des Petites-Antilles dans laquelle se trouvent les îles françaises, est fortement exposée au risque sismique. De fait, elle se situe à cheval sur les plaques tectoniques nord-Amérique et sud-Amérique, lesquelles s’enfoncent à la vitesse d’environ 2 cm par an sous la plaque Caraïbe. En témoigne le tremblement de terre particulièrement dévastateur qui a semé le chaos en Haïti le 12 janvier 2010, faisant plus de 200.000 morts. Déjà la première phase entre 2007 et 2015 du plan « Séisme Antilles », bénéficiant d’une enveloppe de 350 millions d’euros, avait été l’occasion de réhabiliter et de reconstruire 36 écoles et 2 collèges ainsi que 2.300 logements sociaux. De même, de nombreux bâtiments de gestion de crise, de casernes de pompiers ou encore les deux états-majors de Guadeloupe (470 000 habitants) et de Martinique (397 000 habitants) ont pu faire l’objet d’importants travaux. La ministre de l’Environnement rappelle que le plan lancé en 2007 évaluait à « environ six milliards d’euros l’investissement nécessaire sur le bâti public pour une durée d’une trentaine d’années ». Sachant que 2,4 milliards d’euros ont déjà été investis ou programmés lors de la première phase. Des campagnes de sensibilisation au risque sismique ont également été organisées. « Des mesures d’éducation au risque, de formation professionnelle, de sensibilisation et de préparation à la gestion de crise, ont également déjà été lancées », a déclaré George Pau-Langevin. D’ailleurs depuis 2007, ont lieu tous les ans en novembre, la « Semaine Sismik » en Guadeloupe et la « Semaine Replik » en Martinique, durant lesquelles une culture commune du risque face aux séismes se développe.

Enseignement des principes parasismiques dans la construction

De leur côté, les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) ont édité à l’attention des artisans et constructeurs des documents illustrant les principes parasismiques de base. De même, les étudiants en ingénierie et en architecture sont désormais encouragés à suivre un 3ème cycle en génie parasismique décentralisé en Guadeloupe. Enfin, et sous le guidage des préfets, la concertation va se poursuivre entre les collectivités territoriales afin de finaliser le plan, ses objectifs et les financements complémentaires à ceux de l’État comme les fonds européens et ceux des collectivités territoriales.

Ségolène Kahn

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