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Santé et qualité de vie au travail

41% des salariés français souffrent de l'impact des smartphones sur leur vie

Si 75% des salariés français possèdent un smartphone et l'utilisent durant leur temps libre, il n'en demeure pas moins que la plupart souffre de cet hyperconnectivité. Stress, addiction aux appareils électroniques, insomnies, burn-out pour ne citer qu'eux sont autant de maux causés par ces nouveaux usages numériques.

On peut dire que le Droit à la déconnexion arrive à point nommé ! Entré en vigueur le 1er janvier 2017 dans le cadre de la loi Travail, il assure le respect des temps de repos et de congés ainsi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Un droit d’autant plus nécessaire qu’il est devenu courant de consulter ses emails professionnels toute la journée, le soir avant de se coucher et même le dimanche. Pas étonnant, puisqu’il suffit aujourd’hui de décrocher son smartphone pour répondre à un client empressé ou à son manager. Et c’est sans compter l’addiction au numérique que cette hyperdisponibilité engendre…

62% des salariés disposent d’un smartphone professionnel
D’ailleurs, une étude réalisée par le spécialiste en recrutement PageGroup, vient corréler ces tendances. Menée sur un échantillon de 1.606 personnes représentatives des actifs ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) et Cadres, l’enquête s’est chargée d’étudier l’impact des usages numériques sur la vie professionnelle et privée. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 62% des salariés sondés qui disposent d’un smartphone professionnel, 41% reconnaissent l’impact négatif que cela a sur leur vie. Et pour cause, 75% ne peuvent s’empêcher ou se sentent obligés de consulter leurs emails et de répondre à des appels pro en dehors de leur temps de travail. Quant aux vacances, ces moments de détente ne semblent pas dissuader nombre d’entre eux puisque 48% restent connectés.

Une prison professionnelle
Comment expliquer ces chiffres ? Tout d’abord, 60% de ceux qui travaillent durant leur temps libre se justifient par le caractère urgent de leurs responsabilité professionnelle. En d’autres termes, ils estiment ne pas avoir le choix. Certes, mais il y a aussi ceux qui reconnaissent avoir laissé leur job empiéter sur leur vie privée pour, au final, se sentir prisonniers de cette connexion. D’autres souffrent d’une pression psychologique de la part de l’entourage pour 22% des sondés mais aussi à cause du contexte professionnel : 18 % se connectent pour se rassurer. Ce qui peut indiquer une importante part de stress.

L’apparition du « blurring » numérique
Les usages du numériques ont entraîné une grande confusion ou blurring entre motivations professionnelles et privées. Première cible, les cadres qui ont pris le pli de ramener leurs dossiers à la maison afin de les boucler durant la soirée. D’ailleurs, 75% des salariés disposent d’équipements numériques fournis par leur entreprise. Il y a également une confusion sur l’usage même des appareils électroniques (smartphones, laptops, tablettes) qui leur ont été distribués par l’entreprise puisque plus de la moitié des salariés (51%) utilisent leur smartphone professionnel pour un usage personnel, quand 41% en font de même avec leur ordinateur portable.

Le recours au travail à distance
Pour beaucoup, la solution résiderait dans le télétravail : 36% des interrogés parmi lesquels 70% sont cadres envisagent cette perspective. De même, 49% d’entre eux jugent cette initiative positive puisque cela évite le stress des transports (la moyenne française serait de 45min par trajet). Le télétravail offrirait aussi une plus grande liberté dans la gestion du temps du salarié mais permettrait aussi de travailler dans l’environnement qui lui convient. Recette miracle ? Seulement si l’on est capable de gérer son autonomie correctement. Pour Stéphanie Lecert, DRH de PageGroup, « cela passe par « la formation des managers car il est impossible d’improviser le management à distance mais également par la définition de bonnes pratiques avec ses collaborateurs. Sans aller jusqu’à une déconnexion forcée tous les soirs, il peut être bénéfique de fixer des heures limites d’envoi d’e-mail et de disponibilité par exemple.»

Ségolène Kahn

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