Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Santé et qualité de vie au travail

35e Congrès national de médecine et santé au travail, du 5 au 8 juin à Marseille

Plus de 3 500 médecins du travail, infirmiers et autres professionnels de la prévention et de la santé au travail sont attendus lors de cette grand-messe bisannuelle. L'occasion de suivre l'évolution des pratiques et de faire le point, notamment sur les forces et faiblesses de la Loi Travail.

Pour la deuxième fois depuis 1972, Marseille accueillera le Congrès national de médecine et santé au travail, qui se déroulera au Palais des Congrès du mardi 5 au vendredi 8 juin 2018. Sont attendus près de 3 500 médecins du travail, infirmiers, assistants en santé au travail, inspecteurs du travail, enseignants-chercheurs et autres acteurs intéressés par la prévention au travail et ses évolutions. Alors que la médecine du travail, fondée en 1946, fêtait son 70e anniversaire en 2016, plus de 3 000 participants, majoritairement des médecins du travail et intervenants en prévention des risques professionnels, avaient assisté à l’événement à Paris. Lequel était co-organisé par la Société française de médecine du travail (SFMT) et les trois sociétés de médecine du travail d’île-de-France (Metranep, SMTE et SMTOIF). Cette édition du congrès avait notamment permis de traiter des urgences en santé au travail et des approches préventives par branche professionnelle, sans oublier le troisième Plan santé au travail (2016-2020).

Neuf thèmes débattus
En 2018, la 35e édition est co-organisée par la Société française de médecine du travail, la Société de médecine du travail, d’ergonomie et de toxicologie de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Sometrav) et le service hospitalo-universitaire de médecine et santé au travail d’Aix-Marseille, avec la participation du réseau Presanse (services de santé au travail du Sud Est). Cette année, les débats et présentations s’articuleront autour de neuf thèmes liés au travail. A commencer par les zoonoses (maladies et infections transmises par les animaux à l’homme) et autres pathologies émergentes (thème 1), les maladies chroniques (thème 2), sciences, management et risques pour la santé (thème 3) et maladies mentales (thème 4). Seront également traitées les questions de fertilité et grossesse (thème 5), la promotion de la santé au travail, la prévention des pathologies d’hypersollicitation périarticulaire (thème 7) et enfin, la métrologie des expositions à l’évaluation des risques chimiques (thème 8). « Le neuvième thème, libre, sera notamment consacré à l’évaluation des expositions aux nuisances connues et émergentes, à la surveillance épidémiologique des cancers professionnels », indique le professeur Marie-Pascale Lehucher-Michel, présidente du comité scientifique de ce 35e congrès.

La loi Travail au menu des ateliers pré-congrès
A la veille de cette édition, 26 ateliers pré-congrès se tiendront dans la journée du mardi. L’occasion de revenir sur les forces et faiblesses de la Loi Travail. Applicable par le décret de décembre 2016, celle-ci réorganise la médecine du travail en préservant le suivi individuel de l’état de santé du travailleur. Depuis le 1er janvier 2017, la visite d’embauche par le médecin du travail est remplacée par une visite d’information et de prévention par un professionnel de santé. En outre, la surveillance médicale renforcée est remplacée par le suivi individuel renforcé des travailleurs soumis à des risques particuliers listés réglementairement (article R. 4624-23 du Code du travail). Ces risques étant l’amiante, le plomb, les agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, certains agents biologiques, les rayonnements ionisants, le risque hyperbare ainsi que les risques de chute de hauteur lors du montage et démontage d’échafaudages. L’avis d’aptitude médicale n’est devenu obligatoire que pour le seul suivi renforcé des travailleurs – dont il appartient au médecin du travail de fixer la périodicité. Il revient à l’employeur de déterminer les risques auxquels sont exposés ses employés et donc le type de surveillance dont ils doivent bénéficier.

Prix de thèse de médecine du travail
Par ailleurs, plusieurs symposiums sont au programme, parmi lesquels « Aide et soin à la personne, quels risques et quelle prévention ? » organisé par la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) sud-est et l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Cet organisme participera ou animera plusieurs ateliers afin, notamment, de faire le point sur l’actualité des maladies professionnelles en 2018, l’enjeu de la multi-exposition en milieu de travail et les outils d’aides à l’évaluation et à la prévention du risque reprotoxique. L’institut a également prévu de clôturer le congrès par la remise du prix de thèse de médecine du travai, attribué tous les deux ans depuis 1984. Lors de la dernière édition, il a été décerné à une thèse consacrée à l’évolution du profil de rétention des particules minérales non fibreuses (PMNF) dans le parenchyme pulmonaire. L’objectif était d’évaluer l’évolution du niveau de rétention pulmonaire en PMNF et de valider l’hypothèse d’une augmentation, sur une période de 20 ans, du niveau de rétention en particules de titane dans 2 séries de patients non exposés professionnellement à ces PMNF. Les auteurs de la thèse ont constaté une augmentation de la rétention pulmonaire pour la totalité des PMNF entre les séries 1 et 2. Le fait le plus notable était l’augmentation du niveau de rétention en particules de titane pour les deux séries de patients.

Eliane Kan

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