Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Santé et qualité de vie au travail

Turnover, sinistralité, absentéisme… Quels coûts pour les entreprises ?

Pour encourager les entreprises à prendre en compte la prévention des risques, l’Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact) vient de publier une méthode de calcul des coûts liés à la dégradation des conditions de travail et à leur impact sur la santé financière de l’entreprise.

Plutôt que de calculer la performance des entreprises sur des chiffres opérationnels tels que le chiffre d’affaires, la satisfaction client ou encore le respect des délais, ne serait-il pas moins sage de s’interroger sur les conditions de travail et les risques de leur dégradation ? Absentéisme, turnover, sinistralité… Certains facteurs liés à la qualité de vie au travail sont susceptibles d’impacter fortement la santé financière d’une entreprise. Pour accompagner les entreprises dans cette prise de conscience, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) vient de publier un guide qui propose une méthode de calcul, le diagnostic Perfecosanté, des coûts liés à la dégradation des conditions de travail.

Valoriser la politique RH
Pour l’agence qui se constitue d’un réseau d’associations régionales réparties sur tout l’Hexagonal, il s’agit de montrer la corrélation entre la santé des collaborateurs et la performance d’une entreprise afin de prouver l’importance de la prise en compte de la prévention des risques. « Ce guide propose une méthode aux entreprises qui ont besoin d’estimer facilement le coût global de l’absentéisme, du turnover et de la sinistralité. C’est une première approche pour échanger en interne sur la pertinence de certains choix en matière de gestion des RH et de prévention notamment », développe Charles Parmentier, chargé de mission à l’Anact.

Une évaluation globale
Premier constat, les auteurs de l’ouvrage estiment qu’il est difficile de faire une estimation de la dégradation des conditions de travail et de leur coût. Plutôt qu’un calcul précis, les chercheurs proposent plutôt une méthode d’évaluation globale de ces facteurs. Et ce, à partir de données faciles à trouver. Trop souvent négligées, ces données issues de l’absentéisme, de la sinistralité et du turn-over sont « susceptibles de fournir des arguments solides aux décideurs (direction, conseil d’administration, investisseurs) pour agir en faveur de la prévention et de la santé au travail », estiment les auteurs.

Des nombres « d’équivalents temps plein »
Une fois ces coûts identifiés, ils sont considérés comme des nombres d’« équivalents temps plein ». Ce qui représente, de fait, le nombre de salariés à temps complet que l’entreprise pourrait embaucher avec la somme des coûts issus des perturbations. De quoi aider managers et RH à cibler les actions possibles en termes de prévention et de santé au travail.

Calculer les coûts et les surcoûts
Concrètement, la méthode identifie les facteurs susceptibles de provoquer des dégradations des conditions de travail. Parmi lesquelles figurent par exemple l’absentéisme, la pénibilité et l’usure professionnelle. Pour quantifier leur impact financier, le guide propose de calculer les coûts liés au maintien du salaire et des cotisations AT/MP. En complément, il s’agit également de prendre en compte les surcoûts liés aux régulations mises en place par exemple pour remplacer les absents, payer les heures supplémentaires. Remplacer des départs non souhaités, ou encore former de nouveaux embauchés.

Quantifier la masse salariale, les heures supplémentaires et les CDD
Pour calculer ces coûts et surcoûts, l’ouvrage invite les entreprises à aller chercher du côté de certaines de données qui, si elles sont très précises, n’en sont pas moins faciles à dénicher. A cet égard, la méthode fournit toute une liste exhaustive de données parmi lesquelles figurent certains montants versés en compensation des périodes de carence, la somme des salaires bruts en CDD, le taux de facturation des intérimaires ou bien le nombre d’heures supplémentaires et leur taux de majoration.

Ségolène Kahn

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