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Sûreté et sécurité

Stépanie Tucoulet (Anitec) : « Les intégrateurs deviennent de véritables opérateurs de services »

Interview de la secrétaire générale de l’Anitec (Alliance nationale des intégrateurs de technologies connectées sécurisées pilotées). Née de la fusion en 2017 du SVDI (Sûreté videosurveillance détection incendie) et du S2ICF (Syndicat des installateurs intégrateurs courants faibles), cette organisation professionnelle se compose de 300 entreprises pour un chiffre d’affaires cumulé de 750 millions d’euros.

A quelles nouvelles évolutions êtes vous confrontés ?
De plus en plus d’entreprises clientes s’engagent dans une démarche d’offre globale de services de sécurité. Cela passe par la mise en place de systèmes pour prévenir l’incendie et protéger les biens et les personnes tout en intégrant la sécurité informatique et le RGPD (Règlement général sur la protection des données). Cette démarche induit que toutes les données relatives à la sécurité du site et les consommations énergétiques soient reliés à un hyperviseur.

Les adhérents de votre syndicat sont-ils à même d’y répondre ?
Bien sûr ! Nous considérons d’ailleurs que les intégrateurs seront des Facilities Managers multi-techniques. A la demande de nos clients, nous avons pris en effet le virage informatique. C’est ainsi que les intégrateurs deviennent de véritables opérateurs de services. Un interlocuteur unique, local, compétent.

Comment ces nouvelles tendances font-elles évoluer votre marché ?
Nous assistons à l’arrivée de nouveaux venus spécialisés dans l’intelligence artificielle, les drones ou encore les caméras intelligentes. Cela représente pour les intégrateurs d’énormes opportunités de développement mais aussi des préoccupations sachant que la durée de vie des startup est d’environ trois ans.

Où en est le club des femmes de la sécurité ?
Il est en pleine expansion. Nous avons ouvert des antennes à Lyon, Bordeaux et récemment à Marseille. Nous avons d’ailleurs mené une enquête pour savoir comment sont perçues les femmes dans le domaine de la sécurité-sûreté et du numérique sachant que nous sommes 7% de femmes dans nos métiers.

Quels sont les principaux résultats de cette enquête ?
Nous avons récolté 430 réponses dont 54,6% auprès des femmes et 45,4% du côté des hommes. Les principaux freins à l’arrivée des femmes dans nos filières reposent sur la persistance du cliché qui montre la sécurité comme un métier d’homme et par le manque de connaissance et de notoriété de nos métiers. Pour autant, 97% des répondants ont répondu clairement qu’ils étaient prêts à embaucher des femmes car les compétences priment sur les autres critères de recrutement. Par ailleurs, à la question « quelles qualités humaines attendez-vous des femmes ? », on retrouve la rigueur, le sens des responsabilités, la communication et l’écoute active. Néanmoins, plus de la moitié des personnes interrogées pensent qu’il est plus difficile pour une femme de s’intégrer dans nos métiers notamment du fait qu’elle va se retrouver minoritaire dans son environnement de travail.

Quid de l’égalité hommes-femmes dans le travail ?
Moins de 20% des personnes interrogées ont connaissance d’un accord spécifique d’entreprise en dépit des nombreuses campagnes de promotion et des obligations légales. Nous avons donc de beaux challenges devant nous !

Quelles actions menez-vous pour faire connaître vos métiers ?
Nous réalisons des interventions dans les collèges et les lycées pour démystifier nos métiers et expliquer aux jeunes filles et garçons que, dans nos filières, il existe de vraies opportunités de carrière.

Propos recueillis par Eliane Kan

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