Gérer les risques aujourd'hui et demain

400 super-radars vont passer nos routes au crible

02-04-2019

Alors qu'un millier de radars routiers ont été dégradés, le gouvernement a passé commande pour des centaines de radars de dernière génération. Outre les dépassements de vitesse, ces derniers seront capables de verbaliser les conducteurs n'ayant pas attaché leur ceinture de sécurité ou téléphonant au volant.

Monté sur un mât de quatre mètres de hauteur, ce super radar
dispose d'une caméra de 36 millions de pixels. © Idemia
C’est une véritable offensive sécuritaire que livre le gouvernement. Suite à la dégradation d'un millier de radars routiers depuis novembre dernier en marge du mouvement des Gilets jaunes, l’exécutif a choisi d'investir dans une armada de 400 radars de dernière génération. D'ici 2020, les appareils dotés de cette technologie seront donc quatre fois plus nombreux sur nos routes qu'ils ne le sont actuellement. A la fois plus robustes et disposés en hauteur, ils seront bien plus difficiles à vandaliser.

Un mât de quatre mètres de hauteur

Baptisé “Mesta Fusion 2”, ce super radar équipé d'une caméra de 36 millions de pixels est tout droit sorti des usines du fabricant de solutions d’identités numériques Morpho (Safran), qui a été racheté en 2017 par le groupe français Idemia, spécialisé dans la biométrie. Surnommé également “radar tourelle”, ce dispositif est juché sur un mât de quatre mètres de hauteur qui le rend beaucoup plus difficile à atteindre.

Un radar multi-fonctions

Outre sa robustesse et sa capacité à contrôler automatiquement la vitesse de circulation, le modèle, déjà testé à Strasbourg et Marseille, fait partie de la génération des radars multi-fonctions. C’est-à-dire qu’il combine de nombreuses fonctionnalités de détection des infractions commises sur la route. Il est ainsi capable de repérer un conducteur qui grille un feu rouge, ne respecte pas les distances de sécurité, franchit une ligne continue ou double par la droite. Mais le caractère inédit de ce radar du futur réside dans sa capacité à surveiller les comportements des automobilistes. Il repère notamment les petits malins qui conduisent sans ceinture de sécurité ou téléphonent au volant.

Une antenne high tech

Pour ce faire, le dispositif est équipé d’une antenne radar Doppler Tracker multi-cible dont le faisceau 3D très large scanne jusqu’à huit voies de circulation en simultané dans les deux sens de circulation. Qui plus est, ces radars pourront être déplacés de manière aléatoire. Notons que toutes les cabines ne seront pas forcément fonctionnelles. C'est-à-dire que dans près d'un cas sur quatre, il s'agira en réalité d'un leurre. Actuellement, le ministère de l’Intérieur garde secrets les détails de ce déploiement en termes de budget et de calendrier. L’urgence étant surtout de remplacer les appareils qui ont été endommagés.

Des milliers de radars dégradés

Rappelons que, sur les 3 200 radars fixes qui jalonnent les routes franciliennes, 75% ont été dégradés ou détruits. En parallèle, la mortalité sur les routes a augmenté de 3,9% en janvier, comparé aux mois précédant le mouvement des Gilets jaunes, sans que l’on puisse pour autant prouver l'incidence de la dégradation des radars sur la hausse de l’accidentologie. Quoi qu’il en soit, la facture pour le gouvernement s’élève à 660 millions d’euros...

Ségolène Kahn

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